L'emploi breton plombé par les difficultés de l'industrie

Camille Allain

— 

Plutôt épargnée jusque-là par la crise, la Bretagne semble marquer le pas depuis un an. Les chiffres du chômage de juillet publiés lundi par Pôle Emploi en attestent. Avec 1,2 % de chômeurs en plus par rapport à juin (contre 1,4 % en France), la Bretagne a vu le nombre de personnes sans emploi bondir de 12,2 % en un an. Un chiffre qui place la région au premier rang national ! Pire, l'Ille-et-Vilaine compte 15,5 % de chômeurs en plus en catégorie A (sans aucune activité).

Moins d'intérim, plus de stages
« La Bretagne est dépendante de ses industries (agroalimentaire, automobile…). En matière de chômage, elle a longtemps résisté. Mais aujourd'hui, la crise touche toute la production industrielle » , analyse l'économiste rennais Etienne Pierron. Victime des difficultés de son industrie, la région a d'ailleurs fortement réduit l'emploi intérimaire, garnissant les rangs de Pôle Emploi. « L'agroalimentaire fait largement appel aux intérimaires comme variable d'ajustement pour faire face à la demande. Mais les employeurs manquent de perspectives. On observe en revanche une forte hausse des entrées en stage et formation », souligne l'économiste. La part des licenciements économiques dans l'entrée au chômage a également bondi : +25,7 % en un an. Les difficultés de PSA et du groupe Doux font craindre une crise plus dure encore. « Il faut trouver des solutions pour garder l'emploi en Bretagne. La force de la région, c'est sa capacité à rebondir. Je crois en la capacité de la Bretagne à se réinventer », conclut Etienne Pierron, optimiste.

Quelques chiffres

La Bretagne compte 127 890 demandeurs d'emploi sans aucune activité. Selon les derniers chiffres de l'Insee, le taux de chômage en Bretagne (8,3 %) reste inférieur au taux national (9,6 %).