PSA rabote ses effectifs à la Janais

ÉCONOMIE .400 postes seront supprimés dans l'usine rennaise avant l'arrivée d'un véhicule en 2016...

Camille Allain

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On peut parler d'un jeudi noir pour le site de la Janais. Hier matin, les salariés de PSA ont assisté au ballet des caméras de télé venues prendre le pouls de l'usine rennaise, quelques heures après l'annonce des suppressions d'emplois. Le plus gros employeur du bassin va en effet perdre 1.400 postes sur les 5.600 qu'il compte actuellement. «Ce n'est pas une surprise. On s'y attendait, mais sans doute pas à ce point», explique un salarié, un peu dépité avant d'aller travailler. Une annonce mal vécue par les représentants syndicaux. «Le site de Rennes a déjà fait de gros efforts en terme de productivité et d'effectifs. On s'attendait à des ajustements, mais pas d'une telle ampleur. C'est un gros coup de massue», témoigne David Ruellan, du syndicat SIA GSEA.

«Un plan incontournable»

«Très affecté» par cette annonce, Jean-Luc Perrard a justifié les choix de sa direction parisienne. «De 181.000 véhicules produits en 2011, nous serons au mieux à 140.000 cette année. Ce plan était devenu incontournable. Le compactage des équipes et le chômage partiel n'étaient plus suffisants». Et d'ajouter qu'il «mesure combien c'est un choc pour les salariés et leurs familles». Le directeur n'a pas souhaité préciser les modalités de ces suppressions. «Nous le ferons le 25 juillet. Nous devons en discuter avec les syndicats avant. Il y a aura une première phase de départs volontaires jusqu'en juin 2013, suivie d'une phase de départs contraints». Spécialisée dans le haut de gamme, l'usine rennaise se consolera avec l'arrivée d'un nouveau véhicule en 2016. «On nous a dit qu'il fallait avoir confiance en l'avenir. Mais on a déjà vu tellement de départs que ça devient difficile. Dans l'usine, tout le monde va baisser la tête en espérant que ça ne tombera pas sur lui», ajoute David Ruellan. Le directeur de la Janais a tenu à affirmer qu'il s'engageait «à ce qu'aucun salarié ne soit laissé au bord de la route». «Fausse promesse», réagit un ouvrier.