Un job adapté au handicap

Camille Allain

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Alors que le secteur de l'automobile subit un ralentissement de son activité, il existe une société qui continue de progresser. Nichés au milieu des grandes entreprises vitréennes, les Ateliers bretons solidaires emploient 15 salariés. Particularité : 13 d'entre eux sont reconnus travailleurs handicapés. Créée il y a un an en périphérie de Vitré, la petite entreprise a un carnet de commandes bien rempli et a même dû déménager pour faire face à la demande. « Au départ, nous faisions du conditionnement de pesticides et insecticides. On recherchait un métier qui nous offre plus de lisibilité. C'est là qu'on est entrés en contact avec Cooper Standard », raconte Didier Rio, directeur de l'entreprise.

« Ici, on a confiance en nous »
Aujourd'hui, les salariés des Ateliers ont élu domicile dans un hangar de Cooper, où ils manipulent le caoutchouc. « C'est valorisant de travailler pour de grandes marques. Pour l'instant ça me plaît, car c'est assez minutieux », explique Blandine, 23 ans arrivée il y a un mois dans l'entreprise. Autrefois employée « dans le secteur ordinaire », la jeune femme rencontrait des « problèmes de rapidité ». « Ici, on a confiance en nous. On peut prendre le temps de bien faire », ajoute la nouvelle employée. Comme elle, la plupart des salariés exerçaient avant dans le « milieu ordinaire », faute de mieux. « On essaie de se développer là où il n'y a personne. A Vitré, il n'existait aucune structure adaptée aux personnes handicapées. Elles devaient aller à Rennes ou Laval », explique Didier Rio.

L'effectif pourrait passer

de 15 à 35 salariés
Les entreprises solidaires sont devenues la spécialité du dirigeant, qui a créé le réseau Zefi en 2007, fort de 700 salariés. « En théorie, toutes les personnes handicapées devraient travailler dans le milieu ordinaire. Nous existons parce que le système ne fonctionne pas bien », avance Didier Rio. Les entreprises de plus de 20 salariés ont l'obligation de réserver 6 % de leurs emplois aux travailleurs handicapés, ou de payer une contribution annuelle. La « sous-traitance » des Ateliers bretons solidaires semble arranger tout le monde. « Nous sommes 15 aujourd'hui et nous serons 20 en septembre. On espère grimper à 35 salariés d'ici à la fin de l'année », conclut le dirigeant.