Sur les traces du mentor

Camille Allain

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«Je n'avais pas le droit de perdre. » Fraîchement élue député avec près de 56% des suffrages, Isabelle Le Callennec peut souffler. Elle a rempli son contrat : assurer la succession du député-maire de Vitré Pierre Méhaignerie, mammouth de la politique locale et nationale. Une mission loin d'être impossible pour celle qui a reçu le soutien du candidat sortant début mars. « Jusqu'à son discours d'annonce, je ne savais pas s'il se représenterait. Je l'ai appris en même temps que tout le monde ! » se souvient la nouvelle député.

Un soutien « nécessaire »
La décision de son mentor était pourtant mûrement pensée. « Dès 2007, j'ai réfléchi aux candidats potentiels pour me remplacer. C'est difficile de quitter un mandat que l'on aime, mais j'estimais qu'il était temps de passer le flambeau. Isabelle me paraissait la mieux placée », confie le maire. A Vitré, Pierre Méhaignerie bénéficie d'une cote de popularité indiscutable, et son soutien était très attendu. « Le fait qu'il me désigne pour lui succéder a eu un poids énorme. C'était nécessaire pour gagner, même si j'ai fait campagne en mon nom », avoue la mère de famille. A 45 ans, la député prendra ses fonctions « sans pression » ce mardi, lors de sa rentrée à l'Assemblée nationale. « Je connais bien les lieux et les gens qui y travaillent. Je ne serai pas perdue », assure-t-elle.

Vitré, 5 % de chômage
Il faut dire que depuis son stage au conseil général, alors présidé par Pierre Méhaignerie, Isabelle Le Callennec n'a jamais été bien loin de l'homme fort de la droite locale. Pendant 19 ans, la Bretonne a été son assistante parlementaire. « Sauf quand il était ministre. Là je ne le voyais jamais ». La nouvelle député ne comptait pas pour autant embrasser une carrière politique. « Je ne m'y étais pas du tout destinée ! Quand on m'a proposée d'être candidate aux cantonales en 2008, j'ai beaucoup réfléchi », se souvient-elle. Élue au second tour, Isabelle Le Callennec a depuis tissé sa toile à Vitré, dont les 5 % de chômage sont enviés par la France entière. « Ce sont les entreprises qui créent les emplois. Les élus sont juste là pour leur simplifier la vie ». Une mission qu'elle compte bien poursuivre... Même à Paris.