L'État vole au secours du groupe Doux

Jérôme Gicquel

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Trois jours après son placement en redressement judiciaire, l'avenir du groupe Doux se jouait en partie ce lundi après-midi à la préfecture de région de Rennes. Georges-Pierre Marpel, émissaire du gouvernement sur ce dossier, s'est rendu sur place pour une réunion de concertation avec les autorités bretonnes, les syndicats agricoles et les représentants des éleveurs de volaille. Une réunion similaire se tenait également à Nantes avec les éleveurs des Pays de la Loire. « Le souhait des pouvoirs publics est de garantir la pérennité de l'entreprise. Il y a des situations d'urgence que l'on va traiter dans les plus brefs délais, mais l'objectif est avant tout de rassurer les éleveurs car la filière avicole a un avenir dans la région », a déclaré Georges-Pierre Marpel à l'issue de la réunion.

L'espoir des éleveurs
Sur le court terme, les éleveurs fournissant le groupe vont pouvoir souffler un peu. Non payés depuis plusieurs mois ou avec un important retard, ces derniers seront payés comptants pour leurs livraisons futures, permettant ainsi aux activités du groupe de se poursuivre. « C'est important que les éleveurs retrouvent leur argent, car on est obligés de se serrer la ceinture et de reporter des investissements », explique Pierre-Yves Lozahic, éleveur au Merzer dans les Côtes d'Armor. « Il faut qu'un climat de sérénité s'instaure et je fais confiance au groupe pour redresser la barre. On va tout faire pour remettre sur pied l'entreprise. »

Le leader européen de la volaille

Placé en redressement judiciaire, le groupe Doux pèse un poids considérable dans l'économie bretonne. Connu notamment pour sa marque « Père Dodu », il emploie près de 3 400 salariés répartis sur 24 sites, les six principaux étant implantés en Bretagne. 800 éleveurs, dont 500 dans la région, travaillent également pour le compte du groupe.