PSA La Janais ne roulera plus de nuit

Camille Allain

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Les visages étaient fermés jeudi midi lors de la relève de l'équipe du matin à La Janais. « Je ne veux pas parler. De toute façon, je n'ai rien à dire, car on ne sait rien », lâche une dame en quittant l'usine. Comme elle, les salariés de PSA attendent les résultats du comité d'entreprise qui s'est tenu le matin. Le verdict tombe quelques minutes plus tard. La direction annonce alors « l'arrêt de l'équipe de nuit sur le site de Rennes à compter du 27 juillet 2012. L'organisation de la production revient à un fonctionnement en deux équipes (matin et après-midi). Malgré les bons résultats enregistrés par la Peugeot 508, les marchés européens sont en baisse très significative. Dans ce contexte tendu, il est impératif d'adapter la production à la demande des marchés », justifie la direction de l'usine rennaise. Neuf jours de chômage partiel ont également été annoncés pour juin.

688 salariés reclassés
Les conséquences sont lourdes pour tous les salariés. « L'équipe de nuit compte plus de 800 personnes. Les intérimaires et CDD ne seront pas reconduits, mais il reste 688 salariés en CDI qu'il faudra reclasser », s'inquiète Michel Bourdon, délégué CGT. « Dans un premier temps, l'ensemble sera réaffecté en horaire de jour sur des postes de travail de même nature », confirme la direction. « Mais il va y avoir des doublons. Et surtout la cadence reste très élevée sur les lignes. Alors pourquoi ne pas lisser les effectifs ? », interroge le syndicaliste. Aujourd'hui, c'est l'avenir qui inquiète les syndicats.

La C5 en fin de production, il ne restera bientôt plus que la 508 au site rennais. « On s'en fout de la marque. On veut juste produire une voiture », raille Michel Bourdon. Mercredi, Rennes a même été qualifié de « site menacé ou en sous-activité » avec Aulnay par le cabinet d'experts Secafi. Depuis la fusion de PSA et de General Motors, des bruits évoquent la production d'une Opel à Rennes. « Le chômage, il ne faudrait pas qu'il dure trop longtemps. On est au creux de la vague, mais ça va revenir », assurent deux ouvriers en peinture. Un optimisme rare.