Délocalisation en vue à La Barre Thomas

Camille Allain

— 

Le ciel est gris et l'ambiance bien lourde sur le site de Cooper Standard à la Barre Thomas. Les syndicats de l'équipementier automobile, sous-traitant de PSA, ont en effet appris que 90 postes seraient supprimés sur l'ensemble des trois sites français (Rennes, Vitré et Villebonne en Seine-Maritime). « C'est Rennes qui va trinquer. Nous savons très bien que la grande majorité des suppressions auront lieu ici », avance Jean-Michel Guérin, délégué de Force Ouvrière. Le plan de redéploiement des emplois et des compétences annoncé toucherait en effet les services extérieurs à la production, notamment l'administratif. « A Rennes, cela représente près de 40 % des salariés (32 % selon FO). La direction veut ramener ce taux à 25 % donc la plupart des départs auront lieu ici », s'agace Sylvain Selon, délégué CGT.

« Départs volontaires »
Ces 90 suppressions de postes se feraient sous forme de « départs volontaires », d'après les syndicats. « Les salariés ne veulent pas d'un chèque mais d'un boulot ! » réagit Jean-Michel Guérin. L'ambiance est donc morose au sein du spécialiste du caoutchouc, qui a déjà connu trois plans sociaux ces dernières années en raison de la baisse d'activité de PSA. Annoncées lors du comité central d'entreprise, ces suppressions seraient également accompagnées d'une délocalisation du service comptabilité en Pologne. « Quand nous avons intégré le groupe (lors de la fusion avec Cooper Standard en mai 2011), nous savions que les services comptabilité allemands et espagnols seraient centralisés en Pologne. Mais pas la France ! » ajoute le syndicaliste. A Rennes, sept postes seraient menacés, ainsi que trois à Vitré. « L'inquiétude aujourd'hui, c'est de savoir comment ils seront reclassés. On ne va pas les mettre à la production », ironise Sylvain Selon. Contactée, la direction affirme « ne pas pouvoir communiquer » avant une réunion d'information qui se tiendra en juin mais « dont la date n'a pas encore été fixée ».