La vague rose noiera-t-elle la droite ?

Camille Allain

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La satisfaction se lisait sur les visages des socialistes rennais dimanche à l'annonce de la victoire de François Hollande. La retenue aussi, chacun sachant qu'un combat reste encore à mener aux législatives. « C'est une autre campagne qui commence. Il est important que François Hollande ait la majorité à l'Assemblée nationale pour gouverner », évoque Frédéric Bourcier, secrétaire départemental du Parti socialiste. En Ille-et-Vilaine, le PS tient 4 des 7 circonscriptions, celles de Saint-Malo et Vitré étant aux mains de la droite et Fougères au centre. La victoire de François Hollande peut-elle profiter à la gauche locale ? « Oui sans doute, mais rien n'est fait. Ce résultat n'est qu'une indication, qu'un sondage, car rien n'est gagné », insiste Frédéric Bourcier. « C'est toujours mieux d'être dans le camp des vainqueurs », ajoute Marie-Anne Chapdelaine, candidate PS dans la 1ere circonscription (Rennes Sud).

La cité corsaire prenable
A droite pourtant, on ne s'avoue pas vaincu. La preuve avec la venue ce mercredi soir de Roselyne Bachelot à Saint-Grégoire, en soutien à Bertrand Plouvier, candidat UMP dans la 2e circonscription (Rennes Est). « C'est une campagne dont on parle peu mais on n'a pas attendu le 6 mai pour être présent sur le terrain », se défend le candidat. Ancrée à gauche depuis 30 ans, Rennes et ses quatre circonscriptions (une est nouvellement créée) pourrait rester aux mains du PS. « Ce sera plus difficile d'être dans le camp du battu », avoue Bruno Chavanat, candidat UMP dans la nouvelle 8e. « En Bretagne, on ne gagnera que par un rassemblement du centre et de la droite », lance-t-il. Un message qui n'a pas été entendu à Saint-Malo où deux candidats de droite et un centriste briguent la succession de René Couanau. Le risque est grand, d'autant que la cité corsaire a voté à plus de 51 % en faveur de François Hollande. Un score « exceptionnel », selon le PS local, qui se frotte les mains.