Neuf cents mètres de débat

Camille Allain

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« La destination choisie n'est pas accessible en voiture. » Au départ de Rennes, mon vieux GPS ne s'y trompe pas : le Mont-Saint-Michel est une île et il est impossible de s'y rendre en voiture. Depuis samedi matin, l'accès est interdit aux automobiles et même aux vélos. Les visiteurs doivent laisser leur véhicule sur un parking encore en travaux et prendre une navette pour se rendre au pied du rocher. L'objectif : rendre au Mont-Saint-Michel son caractère maritime et le protéger de l'ensablement. Problème, le point d'embarquement est situé à 900 mètres du parking. « Ça fait une sacrée trotte ! », rigole Jacqueline, appuyée sur sa canne. « Je me demande pourquoi les navettes ne partent pas du parking », ajoute la Strasbourgeoise. Voilà une question que se posent de nombreux touristes. « C'est long, surtout avec la petite. Elle a fait tout le trajet en poussette », racontent Céline et Mathieu, originaires d'Evreux. « La première fois que nous sommes venus, on s'était garés au pied, c'était plus pratique. »

La navette mal indiquée
Au-delà de la distance, de nombreux touristes déplorent également le manque de signalisation. « La marche pour ceux qui sont en bonne condition, ce n'est pas gênant. Mais on ne sait même pas où aller. On a dû faire un détour pour récupérer la navette. Ce n'est pas logique », regrette André, retraité dans la Sarthe. Aux abords de la route qui mène au Mont, trois cyclistes posent leurs vélos. Eux non plus n'ont pas le droit d'emprunter la digue. « Pour les voitures, on comprend, mais les vélos… Ils auraient juste eu à faire une piste cyclable et un parking à l'arrivée », avance l'un des cyclistes, originaire de Cesson-Sévigné. C'est une fois arrivé au pied du Mont que l'on se réjouit de la disparition des voitures. « C'est bien plus joli et plus calme sans bagnole », témoigne Nicolas, en parcourant les 400 mètres qui séparent l'arrêt de l'entrée du Mont. Mercredi, le soleil brillait sur le rocher, qui accueille plus de 2 millions de visiteurs par an. Mais qu'en sera-t-il les jours de pluie et de grande affluence ?

La Deuxième phase des travaux

Au lieu de 6 €, le parking géré par Veolia coûte désormais 8,50 €, mais la navette est gratuite. D'autres navettes tractées par des chevaux doivent également transporter les visiteurs, mais devront pour cela répondre aux normes de sécurité. C'est la deuxième étape du projet de restauration du Mont, après la construction d'un barrage visant à désensabler le rocher. La digue datant de 1880 sera remplacée par un pont passerelle en 2014.