« Le rythme, c'est un peu la folie »

Camille Allain

— 

Depuis samedi, les professions de foi des candidats à l'élection présidentielle sont distribuées dans les boîtes aux lettres. Pour fournir les 380 000 électeurs de l'arrondissement de Rennes, 350 personnes ont travaillé d'arrache-pied pendant deux jours et demi dans un hangar gardé secret de l'agglomération. Une véritable fourmilière où se sont côtoyés 200 fonctionnaires et 150 demandeurs d'emploi. « C'est une volonté du préfet de faire appel à eux. Cette année, on a dû refuser énormément de candidatures », explique Christine Le Deventec, responsable de l'organisation des élections à la préfecture d'Ille-et-Vilaine. Et pour s'assurer du bon rendement de leurs recrues, les services de l'Etat imposent une rémunération à l'enveloppe. « Le rythme, c'est un peu la folie mais ça se passe bien. On s'organise », confie Meriam, demandeuse d'emploi. « En deux jours et demi, chacun gagnera entre 500 et 600 € », précise Christine Le Deventec.

« Le sens civique »
Une rémunération à la hauteur de la pénibilité du travail. Par équipe de trois, les « salariés » doivent insérer dix professions de foi et dix bulletins de vote par enveloppe, un par candidat. « Des courriers sont contrôlés au hasard pour limiter les erreurs », précise la préfecture. De 8 h à 18 h, le rythme est effréné. « A rester debout comme ça, on attrape mal au dos. Mais l'ambiance est sympa », ajoute Meriam. Même constat pour les fonctionnaires, tous volontaires pour enchaîner après leur journée de travail, de 17 h à 22 h. « Ce n'est pas que pour une raison financière. Je trouve que c'est une preuve du sens civique. Et puis on peut aider nos collègues du service élection », témoigne Patricia. « Mais je ne pense pas qu'on serait aussi nombreux si ce n'était pas rémunéré », ironise sa voisine Hélène. « Hier, en 5 heures, on a préparé 1 200 enveloppes. D'autres en ont fait 1 600, je me demande comment », ajoute-t-elle. En tout, 15 millions de bulletins de vote seront imprimés dans le département.