Henri Martin affole la salle des ventes

Jérôme Gicquel

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«C'est exceptionnel, un vrai régal ! » Prostré depuis de longues minutes devant les toiles exposées dans la salle des ventes de Rennes Enchères, Pierre, un Rennais amateur d'art, ne boude pas son plaisir. Comme lui, ils sont nombreux ce jeudi matin à être venus admirer les 42 toiles d'Henri Martin (1860-1943) qui seront vendues aux enchères dimanche. Le peintre n'est certes pas très familier du grand public mais il jouit d'une très belle notoriété parmi les experts du monde de l'art. « C'était un peu le peintre officiel de la Troisième République. On lui doit certaines œuvres à l'Elysée, à la Sorbonne ou dans les mairies du 5e et du 6e à Paris. Il fait partie du mouvement des symbolistes avec une peinture très contemplative et poétique et une fascination pour les femmes et le monde paysan », indique Carole Jézéquel, commissaire-priseur de la vente.

Dénichées dans un grenier
Si cette vente exceptionnelle se déroule à Rennes, ce n'est pas à cause des origines bretonnes d'Henri Martin, le peintre étant né à Toulouse. Il s'agit en fait d'un formidable coup du destin. « Une famille rennaise m'a contacté en 2009 pour faire expertiser une collection de tableaux dont ils avaient hérité mais qui prenait la poussière depuis près de 30 ans », se souvient Carole Jézéquel. Bien leur en a pris puisqu'après un long travail d'expertise, la collection a été estimée entre 1,5 et 2 millions d'euros. « La plus petite enchère démarre à 3 000 euros et on atteint 120 000 euros pour les plus chères. »

Intérêt du monde entier
Exposée courant mars à Paris, la collection suscite déjà un certain émoi dans le milieu de l'art. « C'est l'aspect découverte car ces toiles n'ont encore jamais été vues. Elles sont en très bon état. Même les cadres sont d'origine. » Les lignes téléphoniques de la salle des ventes risquent de chauffer dimanche avec déjà pas mal d'acheteurs intéressés. « On a des demandes des États-Unis, des Émirats Arabes-Unis, de Londres et même de Rennes ! ».