« 25 % de demandes en plus »

Recueilli par Jérôme Gicquel

— 

« L'Etat reporte ses responsabilités sur les collectivités », estime Guy Potin.
« L'Etat reporte ses responsabilités sur les collectivités », estime Guy Potin. — J . GICQUEL / APEI / 20 MINUTES

Avant qu'il ne décide lundi d'annuler son meeting, François Hollande était attendu ce mardi soir à Rennes pour dévoiler les mesures phares de son programme concernant le logement.
La capitale bretonne est souvent citée en exemple en la matière, avec près de 30 % de logements sociaux, alors que la loi SRU n'en impose que 20 % aux communes. Vice-président de Rennes Métropole en charge de l'habitat et président de l'Association départementale des organismes de l'habitat (ADO) en Ille-et-Vilaine, Guy Potin revient sur la politique du logement dans l'agglomération et sur les enjeux qui l'attendent.
Sur quoi repose cette réussite

en matière de logement social ?
Rennes est, c'est vrai, une bonne élève, mais la réussite est également régionale. A l'inverse d'autres régions, les collectivités bretonnes ont toujours eu une politique volontariste pour loger les personnes en difficulté. La coordination entre les acteurs est également cruciale. La gestion des demandes est ainsi centralisée depuis 2002 à Rennes Métropole et depuis 2009 en Ille-et-Vilaine.

Quelle est la situation en chiffres ?
Le département totalise 59 000 logements sociaux et 13 % des ménages en sont locataires. Chaque année, on en livre 1 400 nouveaux, dont 1 000 rien que sur l'agglomération rennaise. Cela ne suffit malheureusement pas. Les demandes ont ainsi augmenté de 25 % l'an dernier avec des personnes de plus en plus en situation de précarité, notamment des travailleurs pauvres. On estime à 20 000 le nombre de familles qui sont en attente d'un logement dans le département. La situation est particulièrement tendue pour les petits logements.
Quelles peuvent être les solutions ?
Avant de parler de politique du logement, il faut d'abord qu'il y ait des logements. L'Etat se désengage et reporte ses responsabilités sur les collectivités. Et ce n'est pas en réduisant les dépenses publiques que la situation va s'améliorer. A force de trop tirer sur la corde, elle va finir par casser !