Le métro fête ses 10 printemps

Camille Allain
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Inaugurée en 2002 par Edmond Hervé, maire de Rennes, et le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, la ligne A compte 15 stations. En 2018, la seconde ligne en couvrira 13 de plus dont celle des Gayeulles (esquisse modifiable).
Inaugurée en 2002 par Edmond Hervé, maire de Rennes, et le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, la ligne A compte 15 stations. En 2018, la seconde ligne en couvrira 13 de plus dont celle des Gayeulles (esquisse modifiable). — Pierre Schall / Artefacto SIPAMAISONNEUVE / SIPAC. ALLAIN / APEI / 20 MINUTES

Vendredi 15 mars 2002. Edmond Hervé, maire de Rennes, inaugure officiellement la première ligne de métro, après des années de contestation et cinq ans de travaux. Dix ans et des millions de voyageurs transportés plus tard, l'ancien premier magistrat de la ville se félicite de ce succès et ne regrette rien de son choix. « L'opposition était féroce et je savais qu'une partie de la population y était opposée. Mais je reste persuadé que c'est le rôle d'un responsable politique de décider et d'entreprendre », justifie le sénateur d'Ille-et-Vilaine. A l'époque, de nombreuses voix s'élèvent pour demander la construction d'un tramway plutôt que d'un métro. « Cela paraissait évident, notamment en terme de coût. On pouvait avoir deux lignes de tramway pour le même prix », commente Lars Kiil-Nielsen. Le militant écologiste a toujours défendu le tramway. « Le métro est un véritable succès et c'est tant mieux. Mais je reste persuadé qu'un transport en surface aurait été plus adapté à la ville. Avec un tramway, on aurait pu utiliser les liaisons SNCF et relier les villes voisines », ajoute Lars Kiil-Nielsen.

Le centre-ville impose le métro
Ces arguments, Edmond Hervé les a combattus pendant des années. « Nous étions très attachés à ce que la ligne traverse le centre-ville. Mais compte-tenu de la configuration du centre de Rennes, il était impensable d'avoir un transport en surface », justifie l'ancien maire. « Le tramway ne devait pas nécessairement passer devant la mairie. On aurait pu contourner l'hypercentre », répond Lars Kiil-Nielsen. A l'époque, les opposants jugeaient la ville « trop petite » pour accueillir le métro. La légende dit d'ailleurs que Rennes a longtemps été la plus petite ville à avoir un métro jusqu'à la construction du réseau à Lausanne en 2008. « C'est un argument qui n'a pas de sens. Le couloir emprunté par la ligne A affiche une densité de population bien supérieure à celles de Toulouse ou de Lille. D'ailleurs nous avons largement dépassé les prévisions de fréquentation », répond Edmond Hervé. L'objectif de 70 000 voyageurs par jour devait être atteint en un an. Il n'aura fallu que six mois pour y arriver.