Emmaüs recycle ses locaux

Camille Allain

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Les locaux de la rue des Ormeaux sont vides. Depuis quelques jours l'antenne rennaise d'Emmaüs a emménagé dans ses nouveaux murs, rue de la Donelière, au nord de la ville. « Nous étions mal placés et les locaux n'étaient plus aux normes. On ne pouvait plus accueillir les gens dans de bonnes conditions », justifie Yannick Mollo, responsable d'Emmaüs pour l'Ille-et-Vilaine. En doublant la taille de son hangar, l'association souhaite désormais développer un large espace de tri, baptisé « recyclerie ». « Notre salle des ventes ne grandit pas. Mais on dégage de l'espace pour trier les dons. On veut éviter le gaspillage. Ici on récupère presque tout », ajoute Yannick Mollo.

De la récup' dans toute l'agglo
Fervent défenseur de la réutilisation, le responsable local espère ainsi récupérer plus de produits. « En 1997, on collectait à peine 25 000 m3 par an. Aujourd'hui, on est 72 000 et on espère atteindre 100 000 m3 l'année prochaine ». Pour atteindre son objectif, Yannick Mollo a sa petite idée. « On aimerait mettre des caissons de réemploi à disposition de toutes les communes de l'agglomération. Les gens pourraient y déposer les produits dont ils ne se servent plus. On estime qu'un habitant de Betton, de Rennes ou du Verger doit avoir les mêmes droits ». Rennes Métropole avait en effet émis l'idée de construire une grande recyclerie dans la capitale bretonne. Mais Emmaüs propose bien plus que cela. « On mobilise mieux les gens qu'une usine classique. Surtout notre action permet à nos compagnons de se réinsérer dans la vie et à nos clients d'acheter des biens à tout petit prix. Tout le monde y gagne », ajoute Yannick Mollo. Plutôt que de jeter, les ménages pourraient ainsi donner à Emmaüs, qui se chargerait de valoriser. « Avant, les déchets personne n'en voulait. Aujourd'hui, tout le monde est preneur », ajoute Yannick Mollo avec un sourire.

La crise passe par là

« Il y 15 ans, on faisait moitié moins de chiffre », avoue Yannick Mollo. « Avec la crise, on voit des familles jeunes ou de classe moyenne que l'on ne voyait pas avant. Par contre, les dons ne diminuent pas ».