Les soirées d'hiver n'ont pas été assez arrosées

Camille Allain

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Voilà un an que le constat est le même : la Bretagne manque d'eau. Après des pics de sécheresse en mai et en novembre, la région souffre à nouveau de l'absence de pluie. En Ille-et-Vilaine, le déficit pluviométrique atteint même 75 % pour le mois de février. L'hiver, très sec cette année, est pourtant la période la plus propice pour remplir les nappes souterraines. « C'est ce qu'on appelle les pluies efficaces. On considère qu'après le 15 mars, les précipitations n'atteignent plus les nappes souterraines mais s'évaporent et sont absorbées par la végétation, explique Franck Barraer, climatologue à Météo France. Ce ne sont pas les quelques gouttes qui sont tombées ces derniers jours qui vont aider. »

Situation correcte en surface
Déjà bas, les niveaux des réserves souterraines ne devraient donc pas remonter cette année. A Rennes, il est tombé 231 mm d'eau depuis septembre. C'est le 2e cumul le plus faible depuis 60 ans, après 1989. « Heureusement, les pluies de décembre ont permis aux réserves en surface de se remplir. De ce côté-là, la situation est plutôt correcte », tempère Jean-Pierre Trouslard, directeur du syndicat mixte de gestion pour l'approvisionnement en eau de l'Ille-et-Vilaine. Inquiétant ? « Pour l'instant non car nos réserves sont suffisantes, notamment grâce au barrage de la Chèze. Sur un an, on peut se permettre de puiser dans les stocks. Notre préoccupation, c'est de voir quelle sera la situation dans les années à venir », prévient le directeur. L'inquiétude concerne aussi les cours d'eau, « au débit équivalent à un mois de juin », ce qui fragilise les espèces vivantes.

Moins de gâchis

Si la population du département a augmenté de 1 à 1,5 % par an, la consommation d'eau est restée stable sur les 5 dernières années. La dépense par habitant a même baissé de 6 à 7 % depuis 2005.