Rémy Lucas transforme les algues en plastique

Jérôme Gicquel

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A contre-courant du discours ambiant, Rémy Lucas estime que les algues ne sont pas « un fléau » pour la Bretagne. Pour cet entrepreneur finistérien, issu d'une famille de goémoniers, elles sont même « une formidable ressource en terme d'emploi et de développement économique pour la région. » Après une carrière de plus de 15 ans dans le domaine du plastique, Rémy Lucas s'est donc lancé dans l'aventure du végétal marin en créant y a un peu plus d'un an la société Algopack à Quimper. « Nous sommes les seuls au monde à fabriquer des emballages ou des supports promotionnels à base d'algues brunes. Cela remplace le plastique avec une volonté de trouver des énergies alternatives au pétrole. »

Une filière à professionnaliser
Impossible toutefois de connaître le type d'algue utilisé, Rémy Lucas gardant bien au chaud le secret de la fabrication. Toujours est-il que la start-up commence à faire son trou, tablant sur un chiffre d'affaires de « 8 millions d'euros sur les trois années à venir. » Pour développer sa société et optimiser les déplacements entre le lieu de collecte des algues et l'unité de production, Rémy Lucas a dit adieu à Quimper pour la cité malouine où il s'est installé en ce début d'année. Avec toujours l'intime conviction que la Bretagne sous-exploite « une ressource en or », contrairement aux pays asiatiques ou à l'Espagne. « Il faut que la région prenne conscience de l'intérêt économique en développant la culture d'algue et en professionnalisant la filière. »

A toutes les sauces

Plusieurs sociétés bretonnes ont également misé sur les algues. Certaines utilisent le végétal marin pour développer des produits cosmétiques. D'autres jouent la carte culinaire en commercialisant des produits à base d'algue alimentaire.