Ces nounous font local commun

Camille Allain

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Elles sont amies avant tout. Mais depuis lundi, Stéphanie, Karine et Isabelle sont devenues associées. Après deux ans et demi d'attente, les trois femmes viennent d'ouvrir leur maison d'assistantes maternelles (MAM). La première à Rennes et la deuxième en Ille-et-Vilaine, après Fougères en avril. « Nous sommes contentes que notre projet ait abouti. Mais nous avons tellement attendu qu'il n'y a pas d'euphorie », témoigne Stéphanie. La maison d'assistantes maternelles baptisée Mam Poppins est l'équivalent d'une micro-crèche. Sauf qu'ici, pas de chef. « Nos seuls employeurs, ce sont les parents. Nous sommes réunies au sein de la même association mais nous restons chacune référente pour trois enfants », poursuit Stéphanie.

Quitter le domicile
Plutôt que de faire de la garde à domicile comme la plupart des nounous, les trois femmes ont choisi de partager un local. « Ce n'est pas évident de travailler seule chez soi. On ne s'épanouit pas », témoigne Isabelle. « On a toutes trois enfants. Ce n'était pas facile pour eux de partager la maison », confirme Stéphanie. Un confort de travail mais aussi un plus pour les bouts de chou accueillis. « Ils sont en petite collectivité donc ils se préparent pour l'entrée à l'école. On peut aussi varier les activités selon les âges », avance Stéphanie. Si le lancement a pris tant de temps, c'est que la législation se veut stricte. L'appartement accueillant plus de sept enfants, il est considéré comme Etablissement recevant du public (ERP). « Le conseil général nous a demandé la couleur des murs, la hauteur des interrupteurs... » se souvient Isabelle. « Nous avons regardé de très près la législation qui était vague », justifie Mireille Massot, conseillère générale à la Petite enfance. « Aujourd'hui, il existe un guide pour les porteurs de projet ». Les MAM vont-elles combler la manque de crèches ? « Je crains que non », prévient Mireille Massot. « Mais cela répond à une attente différente des parents ».