Souriez, vous êtes filmés

Camille Allain

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Deux ans après le lancement de l'expérimentation place Sainte-Anne puis au centre commercial du Gast à Maurepas, la municipalité rennaise a décidé d'étendre son dispositif de vidéo-surveillance. Cinq caméras seront prochainement installées sur la dalle du Colombier et trois au centre commercial Europe à Maurepas. « Nous avons défini ces deux lieux en raison du sentiment d'insécurité qui y règne. La dalle du Colombier est un peu un labyrinthe avec des passages sombres. Nous ne voulons pas que les habitants aient peur. Au centre commercial Europe, nous souhaitons surtout endiguer les opérations de deal », justifie Hubert Chardonnet, adjoint à la sécurité.

« Ce n'est pas un outil magique »
La municipalité socialiste dément toute généralisation de la surveillance vidéo. « Il faut être prudent. Aujourd'hui nous ne disposons pas d'étude sérieuse prouvant l'efficacité des caméras en milieu extérieur », prévient Hubert Chardonnet. « Ce n'est pas un outil magique. Je ne pense pas que cela fasse baisser la délinquance. Par contre les caméras améliorent les chances d'élucidation des enquêtes et renforce le sentiment de sécurité pour les habitants », ajoute l'élu. De nouvelles caméras pourraient donc être installées au centre commercial du Gros Chêne, souvent en proie aux incivilités. « Nous y réfléchissons », confie Hubert Chardonnet. « Pour que ce soit efficace, il faut une bonne présence des forces de sécurité sur place. Mais la tendance de l'Etat est plutôt à réduire le nombre de policiers en ville », regrette l'élu.

Eviter l'atteinte aux libertés
De son côté, l'opposition salue l'initiative. « Il y a des réalités au Colombier. C'est une bonne chose si les caméras participent au sentiment de sécurité », commente Bruno Chavannat, leader de Rennes Capitale (UMP). « On va bientôt devoir modérer la majorité », plaisante-t-il. « Nous sommes très attachés aux libertés individuelles. Mettre des caméras partout porterait atteinte à ces libertés », tempère Hubert Chardonnet.

190 000 € l'investissement

L'ajout des huit nouvelles caméras demandera 190 000 € d'investissement à la ville, dont 50 % sont financés par l'Etat. Ce sont surtout les travaux de génie civil au centre commercial Europe qui font gonfler la note (100 000 €). Toute personne souhaitant avoir accès aux images peut en faire la demande auprès de la police municipale. Les images sont détruites après 10 jours, alors que la loi autorise de les conserver pendant un mois.