Des policiers dénoncent les baisses d'effectifs à Rennes

Camille Allain

— 

Les policiers sont rarement en grève. Et pourtant, ils étaient une centaine hier à s'être rassemblés devant le commissariat central de Rennes. Venus de toute la Bretagne, ils entendaient dénoncer « une casse de la police » à l'appel du syndicat majoritaire Unité SGP Police FO. « Les effectifs baissent sans cesse. Tous les jours, des collègues viennent nous voir pour faire part de leur détresse. Ils sont débordés de travail », argumente David Leveau, délégué régional de l'Unité SGP Police. A Rennes, la situation est jugée « préoccupante » par le syndicat. « En quatre ans, nous avons perdu l'équivalent de 40 à 45 fonctionnaires de police », avance David Leveau.

Moins de présence
Conséquence de ces réductions d'effectif, les conditions d'exercice des agents se dégradent. « On ne peut pas être partout. J'ai vu des dimanches à Rennes où nous n'avions qu'une voiture d'opérationnelle. Si l'équipe part sur un accident mortel, toutes les autres demandes passent à la trappe », confie un agent de la capitale bretonne sous couvert d'anonymat. Des conditions d'exercice qui n'améliorent pas les relations de la police avec la population. « On met parfois du temps à intervenir. Les gens ne le comprennent pas et s'agacent, ce qui est normal. On se doit d'être disponible au plus vite », témoigne ce même policier. Le syndicat réclame une réévaluation des effectifs. « Les plus touchés sont les brigades secours qui interviennent au quotidien. C'est la sécurité qui est en jeu », précise David Leveau.

Les réservistes

La police fait désormais appel à des réserves citoyennes et civiles. Les premiers sont des citoyens formés, les autres des retraités appelés en renfort. « Ce n'est pas une solution. Et cela montre bien qu'il manque des agents », juge le syndicat.