Le granit veut se tailler une notoriété

Jérôme Gicquel

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Frédéric Lefebvre était hier de passage à Louvigné-du-Désert pour une visite de l'usine La Générale du granit. Un déplacement durant lequel le secrétaire d'Etat chargé du commerce, de l'artisanat et des PME a présenté le projet de label IGP (Indicateur Géographique Protégé) qui doit être adopté prochainement à l'Assemblée Nationale. Une sorte d'AOC pour protéger, à l'instar des produits alimentaires, « le savoir-faire artisanal et industriel de notre pays qui est menacé à l'heure de la mondialisation », a souligné Frédéric Lefebvre. Une appelation à laquelle aspire le granit breton. Les professionnels de la filière s'inquiètent en effet du manque de notoriété de la pierre bretonne, mise à mal depuis une quinzaine d'années par le granit chinois qui inonde le marché.

1 500 emplois de perdus
« Sans cette indication, le consommateur est incapable de faire la différence entre les deux granits. La pierre chinoise est certes 20 à 30 % moins chère mais elle est aussi de moindre qualité car beaucoup plus poreuse et elle vieillit relativement mal », précise Jean-Marie Bégoc, président du syndicat des granitiers bretons.
L'obtention de l'IGP permettrait selon lui de freiner l'essor de cette « concurrence déloyale » et ses répercussions néfastes pour l'emploi dans la région. « En 10 ans, ce sont près d'une cinquantaine d'entreprises qui ont dû fermer avec à la clé 1 500 emplois directs de perdus », se désole Jean-Marie Bégoc.

Le granit breton en chiffres

La filière compte une centaine d'entreprises et emploie un millier de personnes en Bretagne, principalement à Lanhélin, Louvigné-du-Désert, Dinan et Perros-Guirec. Près de 100 000 tonnes y sont extraites chaque année. Le chiffre d'affaires en 2010 était de 81,3 millions d'euros, dont 70 % réalisé par les granitiers d'Ille-et-Vilaine.