Des Tourne à droite en 2012

Camille Allain

— 

A Nantes, les cyclistes peuvent déjà passer au rouge s'ils tournent à droite.
A Nantes, les cyclistes peuvent déjà passer au rouge s'ils tournent à droite. — F. ELSNER / 20 MINUTES

Notre voisine nantaise annonçait il y a quelques jours vouloir généraliser les « tourne-à-droite » pour les vélos. C'est-à-dire permettre aux cyclistes de passer au feu rouge quand ils tournent à droite, ou quand ils vont tout droit à un carrefour en T. Une première en France. Selon nos informations, Rennes lui emboîtera le pas dans quelques mois. « Nous aurons des tourne-à-droite en 2012, probablement à la fin du premier semestre », confie Laëtitia Médard, élue en charge de la sécurité routière. La municipalité a en effet lancé une étude pour déterminer quelles seraient les intersections concernées. « Rennes compte 210 carrefours avec des feux tricolores. Nous regardons lesquels pourront être aménagés, mais nous savons déjà que les intersections à cinq branches seront exclues pour des raisons de sécurité », ajoute l'élue.

Priorité aux piétons
La décision ravit Rayons d'action, association de promotion de la bicyclette à Rennes. « Les tourne-à-droite permettent de fluidifier la circulation. En autorisant de passer au rouge, on évitera aussi aux gens de griller les feux ou de passer par les trottoirs », argumente Julien Balas, son président. Le cycliste ne sera pas roi pour autant. Il devra laisser la priorité aux piétons qui traversent, ainsi qu'aux voitures arrivant à sa gauche. « A Nantes et Strasbourg, aucun accident n'a été constaté. Nous espérons que la ville de Rennes généralisera la pratique, car la phase d'expérimentation a déjà été faite ailleurs ».

Pas encore de panneau
Reste encore à faire connaître cette pratique. « Il faudra bien informer tous les usagers de la route, notamment pour que les automobilistes ne soient pas surpris », ajoute Helmut Bürklin, vice-président de Rayons d'action. Un panneau sera donc installé aux intersections où le franchissement sera autorisé. « Pour l'instant, il n'existe pas. Nous attendons qu'il soit officialisé », explique Laëtitia Médard.

Nantes, Strasbourg et Bordeaux ont essayé

Lancée pour la première fois à Strasbourg en 2008, l'expérience des tourne-à-droite a abouti à la publication d'un décret en novembre 2010 autorisant les maires à les mettre en place. Aujourd'hui, Nantes les a généralisé et Bordeaux s'y est mis. Problème, les municipalités ne disposent d'aucun panneau officiel puisqu'il n'existe pas à l'heure actuelle.