Le passage à niveau aménagé

Jérôme Gicquel

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Un mois après la collision tragique entre un poids lourd et un TER, qui a coûté la vie à trois personnes et fait une quarantaine de blessés (dont trois toujours dans un état critique), des travaux d'aménagement vont être engagés pour sécuriser le passage à niveau de Saint-Médard-sur-Ille. A entendre Christophe Martins, vice-président du conseil général en charge des infrastructures, cette réfection des lieux était envisagée « depuis 2010 » à la suite d'un précédent accident, sans gravité cette fois. Depuis, rien n'avait vraiment évolué sur le site. Le drame du 12 octobre a changé la donne, obligeant les pouvoirs publics et Réseau Ferré de France (RFF) à prendre des mesures dans l'urgence.

Bientôt classé préoccupant ?
La première, entrée en vigueur depuis hier, interdit à tout véhicule supérieur à 3,5 tonnes (poids lourds, transports scolaires, engins agricoles) d'emprunter ce passage à niveau, et ce jusqu'à nouvel ordre. « La circulation, notamment des 150 camions qui empruntent chaque jour ce passage à niveau, sera ventilée sur deux autres axes de circulation », précise Christophe Martins.
La signalétique des lieux sera par ailleurs renforcée dès le mois prochain avec la pose de panneaux clignotants à 150 mètres ainsi que des LED au sol à hauteur du passage à niveau. Les travaux d'aménagement s'échelonneront eux de janvier à avril pour une enveloppe globale de 400 000 €, financée par le conseil général et RFF. Il s'agira notamment d'élargir la route D 106 à 6,50 m, contre 5,40 m actuellement, afin de faciliter les croisements de véhicules. Un radar de détection des franchissements verra aussi le jour courant 2012. Tout un éventail de mesures que le maire de la commune, Lionel Van Aertryck, juge « satisfaisantes ». Reste que le passage à niveau pourrait être purement supprimé, RFF ayant demandé au ministère des Transports son inscription sur la liste nationale des passages classés préoccupants. La réponse est attendue au cours du premier semestre 2012.

L'enquête toujours en cours

Menée par deux juges d'instruction, l'enquête se poursuit pour connaître les circonstances exactes du drame. Le rapport final ne devrait être connu que d'ici plusieurs semaines. Deux jours après la collision, le chauffeur du poids lourd avait été placé sous contrôle judiciaire et mis en examen pour « homicides et blessures involontaires. »