Algues vertes :  La Bretagne veut convaincre bruxelles

Camille Allain

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66 000 tonnes ont été ramassées.
66 000 tonnes ont été ramassées. — LE SAUX LIONEL / SIPA

Le débat sur les algues vertes a passé les frontières françaises. Il y a quelques jours, la Commission européenne a sommé la France de rendre des comptes sur le plan de lutte contre ce fléau qui touche surtout la Bretagne. « Nous avons répondu à toutes les questions. Le document a été envoyé en fin de semaine dernière », expliquait hier le préfet de Région Michel Cadot, en marge du 8e comité de suivi sur les algues vertes. « Nous irons prochainement à Bruxelles pour expliquer au commissaire notre diagnostic, nos méthodes et montrer nos premiers résultats », ajoutait même Jean-Yves Le Drian, président de région.

Pas de réduction des cheptels
L'Europe se demande notamment si des mesures contraignantes pourraient endiguer le phénomène. Sera-t-on amené à réduire les cheptels ? « Non, pas pour l'instant. La situation est plus complexe que ça. L'élevage intensif n'est pas la seule cause. Regardez la lieue de Grève, il n'y a aucune exploitation intensive, et pourtant il y a des algues vertes », a insisté Jean-Yves Le Drian. « Il ne faut pas prendre la situation dans sa globalité mais travailler par secteur. La Bretagne est malade, mais le remède n'est pas le même pour tous les territoires. » Pour connaître les spécificités locales, des carottages sont effectués dans les sols agricoles afin de relever les reliquats d'azote. « Les agriculteurs y sont très vigilants », souligne le préfet. Aujourd'hui, l'attention se porte sur la baie de Concarneau, durement touchée cet été (lire encadré).

Le Finistère en tête

Au 25 octobre, 65 931 m3 d'algues ont été ramassées sur les plages de la région, contre 57 860 en 2010. Les échouages sont en repli dans les Côtes d'Armor mais ont augmenté dans le Finistère surtout en baie de Concarneau où ils ont triplé.