Les chasseurs se refont une image en ville

Camille Allain

— 

Le département compte un peu plus de 14 000 chasseurs, dont un quart vit en ville.
Le département compte un peu plus de 14 000 chasseurs, dont un quart vit en ville. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

«La chasse, une alliée pour la nature ». C'est par ce message que la fédération des chasseurs d'Ille-et-Vilaine (FDC 35) souhaite améliorer son image, grâce à une campagne d'affichage lancée dans les grandes villes du département. A Rennes, une trentaine de panneaux publicitaires ont arboré le slogan pendant deux semaines. La campagne reprendra dans quelques jours. « L'image qui est véhiculée n'est pas la bonne. Les chasseurs ont un rôle primordial dans la préservation des espèces », explique Patrick Lahaye, vice-président de la FDC 35. « Nous aidons les agriculteurs en réduisant le nombre de nuisibles, par exemple. Nous réintégrons aussi le faisan en baie de Cancale, qui avait disparu », poursuit Patrick Lahaye. « Et puis, un chasseur ne tue pas tout ce qu'il voit. Nous avons des quotas que nous respectons. »

Moins d'adhérents
Avec cette campagne, la fédération espère surtout se réconcilier avec la population urbaine. Pas inutile, à en juger par la réaction des quelques personnes que nous avons interrogées à Rennes hier. « Ça me fait peur ». « C'est vieillot ». « C'est dangereux », nous ont confié quelques passants. « La chasse est souvent critiquée car elle est méconnue », répond Patrick Lahaye. Moins en vue, le loisir peine à séduire de nouveaux adeptes. En dix ans, le département a perdu 2 000 chasseurs. Il en compte aujourd'hui 14 150, dont 25 % habitent en ville. Pour les chasseurs, le défi est aussi de renouveler les pratiquants. « On perd 150 chasseurs chaque année à cause du vieillissement de nos adhérents », avoue Patrick Lahaye. Des passionnés ont créé il y a un an et demi l'association des jeunes chasseurs d'Ille-et-Vilaine. « Nous voulons que la chasse perdure. On veut essayer d'aller au-delà des a priori de nos aînés, et éviter l'éternelle gueguerre entre les chasseurs et les écolos », témoigne Florian Sourdin, 21 ans, président de l'association. « On accueille aussi de plus en plus de femmes ». Une preuve du renouveau de la chasse.