Après Xynthia, le littoral se méfie de l'humeur de la mer

Camille Allain

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Epargné par la tempête Xynthia il y a un an et demi, le littoral d'Ille-et-Vilaine reste malgré tout sous haute surveillance. « Nous devons être prudents. Les risques sont limités car la baie est très grande mais il ne faut pas oublier que nous avons des marées parmi les plus fortes au monde », explique François Lobit, sous-préfet de Saint-Malo. Pour protéger les habitations, une loi, entrée en vigueur le 1er janvier, autorise le préfet à refuser des permis de construire, ou à les aménager dans certains cas. Il est aujourd'hui impossible de bâtir sa maison à moins de 100 mètres de la digue protégeant la baie du Mont Saint-Michel.

Refus des maisons sans étage
Une décision qui surprend parfois les maires des communes littorales. « On se sentait déjà en sécurité derrière la digue. Il faudrait une énorme conjonction de facteurs pour qu'on ait un petit déversement d'eau », confie Jean-Luc Bourgeaux, maire de Cherrueix. « Mais j'admets qu'il faut rester prudent. Depuis Xynthia, je refuse les permis de construire quand la maison n'a pas d'étage », poursuit l'élu. Pour minimiser les risques, la préfecture travaille aussi sur un plan de protection des risques de submersion marine. « Nous devons définir les zones dangereuses et y interdire les constructions », explique François Lobit. Pour les maisons existantes, la préfecture ne prévoit pas de destruction, comme ce fut le cas en Vendée. « On travaillera au cas par cas ». La digue, jugée « insuffisamment haute par endroit » sera également renforcée.

Le tribunal arbitre

A Cherrueix, deux terrains jugés constructibles avant la loi du 1er janvier sont aujourd'hui inhabitables. Les propriétaires on saisi le tribunal administratif, qui a donné raison à la préfecture. Les familles attendent d'être indemnisées.