Les algues sur le banc des accusés

Jérôme Gicquel

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L'hydrogène sulfuré se dégage des algues vertes en décomposition.
L'hydrogène sulfuré se dégage des algues vertes en décomposition. — L. LE SAUX / SIPA

A moins de 24 heures d'intervalle, deux rapports scientifiques viennent de confirmer la thèse des algues vertes pour expliquer le décès des 36 sangliers le 24 juillet dans la baie de Morieux, située dans l'estuaire du Gouessant dans les Côtes-d'Armor. La première étude de l'institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), rendue public mardi, estimait « hautement probable » que le décès des animaux soit dû à une intoxication par hydrogène sulfuré (H2S), un gaz dégagé par les algues vertes en décomposition.

Peut-être pas le seul facteur
Hier, c'était au tour de l'agence de sécurité sanitaire de l'environnement (Anses) de dévoiler les conclusions de ses examens, jugeant l'hypothèse d'une intoxication comme « la plus probable. » Les deux rapports se refusent cependant à affirmer que le sulfure d'hydrogène produit par les algues vertes soit le « seul facteur contributif de la mortalité massive. » Chargée par le ministère de l'Agriculture d'examiner les causes du décès des animaux, l'Anses avait recommandé en juillet de ramasser les algues vertes le plus rapidement possible après échouage pour éviter leur putréfaction. Au 29 août, ce sont 53 000 m3 d'algues vertes qui ont été ramassées sur les plages bretonnes, soit 11 % de plus qu'à la même période l'an dernier.