à la chasse à la météorite

Jérôme Gicquel

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Depuis le 19 juillet, l'agitation est à son comble dans le bureau de Priscilla Abraham. Pas une heure sans que la responsable du planétarium de l'Espace des Sciences de Rennes ne reçoive un mail ou un appel d'anonyme concernant la météorite qui a éclairé le ciel breton le 19 juillet à 5 h 22. Cette fois, c'est une habitante du sud-est de Rennes qui témoigne. « Elle a été réveillée par une grande lueur blanche et a pu voir la trajectoire de la météorite qui s'est ensuite désintégrée. Elle a décrit une forme allongée comme une grosse poire ou une grenade. »
Une version qui corrobore les nombreux témoignages reçus par l'équipe du planétarium depuis la fameuse explosion. « 99% des témoignages que l'on a reçus nous ont vraiment été utiles pour mieux comprendre le phénomène », souligne la chercheuse. Pour les 1 % restant, comprenez « quelques illuminés qui pensent qu'on cache la vérité ou alors qui croient en l'Apocalypse. »

Des petits morceaux
Les témoignages affluent donc mais toujours pas de trace matérielle du mystérieux objet, et ce malgré la localisation de son site d'impact (lire encadré). « Des gens sont venus nous apporter des roches mais cela ne correspondait pas à des fragments. » Les chances d'en retrouver n'en restent pas moins minimes. « Ils sont peut-être perdus dans la végétation mais on ne désespère pas d'en trouver. » D'autant que la météorite bretonne ne sera officiellement répertoriée que si l'on en trouve des fragments.
Pas la peine toutefois de rapporter une grosse pierre de son jardin ou de son champ, les morceaux ne dépassant pas les quelques centimètres. « Il s'agit vraisemblablement d'une météorite pierreuse. Les fragments s'apparentent donc à une roche avec une croûte de fusion de couleur noire et une coloration gris-blanc à l'intérieur », précise la chercheuse. L'avis aux chercheurs est donc lancé.

La zone d'impact localisée

Les chercheurs savent désormais que la météorite, vieille de plus de 4,5 milliards d'années, s'est désintégrée dans l'atmosphère à une altitude de 35 km au dessus de la forêt de Brocéliande. S'ils existent, les éventuels fragments se situent donc dans une zone circulaire de 30 km de diamètre s'étendant de Mauron au nord à Ploërmel au sud.