Plongée dans le réservoir en eau potable

Camille Allain

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Quelle idée farfelue de vider un réservoir d'eau en pleine période de sécheresse ! « L'eau n'est pas gaspillée, elle a été distribuée. On a très peu de perte », rassure David Clausse, directeur adjoint du Syndicat mixte de production d'eau potable du bassin Rennais (SMPBR). Hier, l'un des trois réservoirs d'eau potable de la station des Gallets, au nord-est de Rennes, a été vidé pour être nettoyé. Une cuve de 20 000 m3 construite en 1988 qu'il faut entretenir une fois par an. Avec ses 196 colonnes de pierre, la structure fait figure de cathédrale aquatique. « L'eau stockée ici est un mélange issu des drains souterrains du Coglais et de captages dans le Couesnon. L'eau est acheminée par un aqueduc datant de la fin du XIXe siècle. Une partie est distribuée directement aux habitants. L'autre doit être traitée contre les pesticides à l'usine de Villejean », explique le technicien.

Lavage à l'eau
Pendant deux jours, le réservoir sera entièrement lavé à l'eau, pour éliminer les impuretés qui se déposent au fil du temps. Taillée dans la roche, la cuve a été rénovée. « Le revêtement du sol et des murs a été consolidé pour éviter les fuites ». Le site, classé hautement stratégique, n'est pas accessible au public... Pour l'instant. Car l'an prochain, un seul des trois réservoirs sera conservé. « Nous menons des études pour savoir lequel nous utiliserons. Les deux autres seront ajoutés au patrimoine historique de la ville », conclut Marc Hervé, conseiller municipal délégué à l'eau.

L'impact de la sécheresse sur l'eau

« Même sans pluie, il nous reste 250 à 300 jours d'eau potable », précise Marc Hervé. Pourtant, les drains du Coglais sont 20 % plus bas que d'habitude. « Ils n'ont jamais été aussi bas depuis la création du syndicat. » L'eau est donc puisée dans les barrages voisins. Par ailleurs, la ville de Rennes vient de suspendre le nettoyage des rues.