La fermeture de l'escadron ne passe pas

Jérôme Gicquel

— 

En novembre, les escadrons de Rennes et Pontivy étaient félicités à leur retour d'Afghanistan.
En novembre, les escadrons de Rennes et Pontivy étaient félicités à leur retour d'Afghanistan. — LE SAUX LIONEL / SIPA;

Pour les 120 militaires de l'escadron de gendarmerie mobile de Rennes, l'heure du départ a bientôt sonné. Annoncée début février, la fermeture de l'escadron sera effective le 16 juin avec la tenue d'une cérémonie de prise d'armes de dissolution. Une décision très mal perçue dans le département, notamment par les femmes des militaires, qui avaient alors manifesté devant les grilles de la caserne Marguerite. Trois mois après, ce sont les élus locaux qui reviennent à la charge. Dans une lettre commune adressée fin mai à Claude Guéant, ministre de l'intérieur, Jean-Yves Le Drian, Jean-Louis Tourenne et Daniel Delaveau dénoncent « la logique comptable qui a présidé à la décision, au détriment des obligations de service public. »

Délinquance en hausse
Respectivement président de région, du département et de Rennes Métropole, ils font part de leurs inquiétudes concernant l'évolution de la délinquance et de la criminalité en Ille-et-Vilaine avec « une hausse de 26,96 % de vols avec effraction dans les résidences et de 21,66 % pour la criminalité organisée et la délinquance spécialisée. » Ils dénoncent également la méthode employée par le ministre de l'intérieur. Une entrevue avec un conseiller de Claude Guéant leur avait été accordée le 25 mai afin d'exposer les motifs de leur grogne. « Concomitamment à l'entretien, nous recevions une invitation à la prise d'armes de dissolution dudit escadron », s'indignent les trois élus socialistes.

Même cas à Nantes

L'escadron de Saint-Malo avait ouvert le bal des fermetures de casernes l'an dernier. En plus de Rennes, qui accueille 120 gendarmes, la compagnie de Nantes devrait également être fermée d'ici la rentrée 2011. Dans l'ouest, seuls les escadrons de Brest, Vannes et Pontivy sont pour l'heure maintenus.