Le Patton tennis club devant les tribunaux

Camille Allain

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Le prestigieux Patton tennis club n'est plus. Criblé de dettes, il avait dû fermer ses portes le 31 août dernier, laissant sur le carreau près de 600 licenciés. Bon nombre de cadors du circuit professionnel français ont pourtant fait la renommée du club. Jo-Wilfried Tsonga, Marc Gicquel, Fabrice Santoro, Josselin Ouanna... ont contribué à hisser le club au top niveau. Créé en 1975 par Jean-Marc Raynard, le club remportera notamment cinq championnats d'Europe, et dix championnats de France.
Demain, c'est un volet beaucoup moins sportif qui s'ouvre au tribunal correctionnel de Rennes. Prévu au mois d'octobre, le procès du président fondateur du club et de deux co-prévenus se tiendra finalement demain et vendredi. Les trois hommes sont soupçonnés d'avoir détourné cinq millions d'euros et devront répondre des chefs d'accusation d'abus de confiance et d'abus de biens sociaux.

Champagne à gogo
Moins d'un an après sa fermeture, le club de tennis n'est plus qu'un champ de ruines, où doit prochainement s'implanter une résidence pour seniors. Mais les investigations des gendarmes de la section de recherche de Rennes avaient commencé bien avant que Jean-Marc Raynard ne mette la clé sous la porte. Des enquêteurs qui « ont travaillé avec une énorme pression », selon une source proche du dossier. Suite à une banale plainte pour vol, les gendarmes épluchent les comptes et découvrent alors une série « de graves lacunes, erreurs, oublis et irrégularités », commis entre janvier 2004 et juin 2007. Le Télégramme cite notamment l'achat de 3 219 bouteilles de champagne, 1 764 bouteilles de vin, 256 de Ricard, pour une montant dépassant 70 000 €. Problème, ces bouteilles ne réapparaissent ni dans les ventes du bar, ni dans les stocks.

« Tout sera justifié »
Jean-Marc Raynard nie toutes les accusations. « Nous apporterons des réponses point par point. Tout sera justifié », témoigne au Télégramme Maître Thierry Fillion, l'un des avocats du fondateur du Patton.