la Bretagne menacée par la sécheresse

Jérôme gicquel

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Terrasses de cafés bondées, tenues légères de sortie... L'arrivée du beau temps à Rennes fait des heureux. Pas dans les services de Météo France à Saint-Jacques-de-la-Lande qui s'inquiètent depuis quelques jours des faibles précipitations tombées sur la région depuis le début de l'année. Résultat, le déficit pluviométrique dépasse les 40 % à Rennes et s'approche des 50 % à Quimper.

La pluie se fait attendre
« Il n'est pas encore l'heure de tirer la sonnette d'alarme mais cela commence à être assez préoccupant », indique Jean-Marc Le Gallic, climatologue. « L'hiver est une période où les nappes phréatiques se rechargent habituellement. S'il ne pleut pas d'ici la mi-avril, cela deviendra très inquiétant et les prévisions pour les prochains jours n'incitent pas à l'optimisme. »

Des céréales qui jaunissent
Pour l'heure, les signes de sécheresse ne sautent pas aux yeux. Ingénieur agronome à la chambre régionale d'agriculture, Jean Grall évoque tout de même « les céréales qui commencent à jaunir dans les champs. » L'inquiétude grandit dans le milieu agricole. « S'il ne pleut pas dans les prochains jours, cela pourrait avoir de lourdes conséquences sur les cultures de printemps et d'été. D'autant que l'année dernière avait déjà été exceptionnellement sèche », souligne Alain Bignon, en charge de la commission environnement à la chambre départementale d'agriculture. Tout le monde attend désormais avec impatience les relevés du niveau des nappes phréatiques qui devraient êtres connus prochainement. Là encore, l'optimisme n'est pas de mise. « Les derniers relevés montraient que le niveau était nettement plus bas que la moyenne. Même s'il pleut beaucoup, cela ne suffira pas forcément à remplir les nappes car une partie de l'eau sera absorbée par la végétation et une autre va partir en évaporation », poursuit Jean-Pierre Trouslard, directeur du syndicat mixte de gestion en Ille-et-Vilaine. La pluie est donc attendue d'urgence sur les bords de la Vilaine.