à la rue, ils n'ont que le DAL

Camille Allain

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«De temps en temps, il faut changer d'adversaire. » C'est avec une pointe d'humour que Michel Guérin, membre du DAL 35 (Droit au logement), décrit la situation. L'association vient de réquisitionner un bâtiment de 600 m2 appartenant à l'Etat pour héberger des demandeurs d'asile. Après avoir investi plusieurs locaux municipaux, l'association a cette fois poussé la porte de l'ancienne Direction régionale de l'agriculture, rue de Fougères. 80 personnes venues du continent africain, du Caucase ou de Corée ont trouvé refuge dans les anciens bureaux, abandonnés depuis deux ans. « On s'attend à en voir plus arriver », explique Michel Guérin.

« La porte était ouverte »
Les migrants ont afflué toute la journée hier. Ils étaient une trentaine le matin, plus de 80 le soir. « Au départ, on avait peu d'enfants mais ils vont arriver. Tous ces gens étaient à la rue », poursuit le membre du DAL 35. Le bâtiment est à vendre, comme en attestent les panneaux sur le portail d'entrée. « On a trouvé l'endroit un peu par hasard. La porte était ouverte, alors on en a profité. » Si les nuits ne sont pas aussi glaciales qu'en décembre, l'atmosphère reste fraîche dans les locaux, qui disposent de l'eau courante mais pas de l'électricité. « Au moins ici, on a des sanitaires », précise Michel Guérin, en référence au squat de la rue Postel fermé en décembre et dont les conditions de sécurité faisaient craindre un accident. En réquisitionnant le bâtiment, le DAL veut aussi mettre l'Etat face à son devoir. « Avoir un logement est un droit », martèle le bénévole. Les occupants sont tous en attente d'une place en Centre d'accueil de demandeurs d'asile (CADA). « Les autorités ne veulent pas qu'ils aient d'attache. Alors on les change d'endroit tous les trois jours. » Dans ces conditions, impossible de scolariser les enfants. « On s'inquiète de la fin du plan Hiver qui s'achève dans quinze jours ou un mois. 75 places d'hôtels seront supprimées. » Et donc 75 personnes de plus à la recherche d'un toit.

Le Dal recherche matelas et couvertures

« Si vous avez des matelas, ne les jetez pas. » Les membres de l'association Droit au logement lancent un appel aux dons pour offrir un couchage décent aux occupants de la rue de Fougères. Matelas et couvertures peuvent être déposés directement au squat au 280, rue de Fougères, en face du parc des Gayeulles.