Le nom des rues, toute une histoire

— 

Mais qui donc choisit le nom des rues ? Eh bien tout le monde ! Tout citoyen peut proposer une appellation en écrivant au maire. « On y réfléchit plusieurs mois à l'avance. Il y a jusqu'à cinq ans d'attente », explique Alain Coquart, conseiller municipal en charge du dossier. Les propositions alimentent une liste, à disposition du comité de pilotage. A Rennes, on évite les « rues des Jonquilles » pour privilégier les hommages aux personnes, à condition qu'elles soient décédées. « C'est étrange d'honorer quelqu'un de son vivant », argumente Alain Coquart. En ville, vous reconnaîtrez les vieux axes à leurs indications géographiques comme les rues de Fougères ou de Saint-Malo.

Les pompiers ont leur mot à dire
Autre contrainte pour le comité chargé de nommer les voies, les problèmes d'homonymie. « On évite d'avoir deux personnalités qui ont le même nom de famille », explique l'élu. « Si les pompiers sont appelés au secours, mieux vaut qu'ils se rendent à la bonne adresse. » D'où la décision du conseil municipal de changer le square André Malraux en Jardin d'Almaty, ville du Kazakhstan jumelée avec Rennes, afin d'éviter la confusion avec une rue du même nom. La volonté d'égalité des sexes s'immisce aussi dans les débats. « Nous faisons des efforts depuis dix ans pour essayer de rétablir la balance ». Pour exemple, de 1995 à 2001, sur 130 noms donnés, seulement 16 étaient féminins. Pour honorer un descendant, vous savez maintenant quoi faire.C. A.