La métropole, reine du logement social

Camille Allain

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44 nouveaux appartements viennent d'être réhabilités.
44 nouveaux appartements viennent d'être réhabilités. — C. ALLAIN / APEI / 20 MINUtES

Depuis fin 2000, la loi française oblige les villes à compter 20% de logements sociaux dans le parc locatif. « Dans la métropole, nous sommes à 23% », argumente Guy Potin, vice-président de Rennes Métropole délégué à l'habitat. « A Rennes, on monte même à 30%. » L'agglomération est d'ailleurs souvent citée en exemple en France.
« La politique de logement social de Rennes Métropole est exemplaire. Elle est dans le top 3 français », avoue Erwan Bretel, président de l'agence bretonne de la Fondation Abbé Pierre. A la veille de rendre son rapport annuel sur le mal-logement, la fondation salue le travail effectué depuis plusieurs décénnies. « Henri Fréville et Edmond Hervé ont dirigé Rennes pendant près de 60 ans. Ils ont mené une politique d'acquisition foncière volontariste exemplaire », poursuit Erwan Bretel. La ville impose 20% de logements sociaux depuis le début des années 1980, bien avant que la loi ne rende la démarche obligatoire.

Pas de quartier chaud
« Avec tous ses terrains, Rennes pouvait imposer ses conditions aux promoteurs immobiliers. S'ils ne prévoyaient pas assez de logements sociaux, le maire refusait le permis de construire », raconte le membre de la Fondation. La métropole poursuit sa politique volontariste avec un programme ambitieux de construction et de rénovation (plus de 1 700 logements en 2009). Il y a quelques jours encore, la métropole présentait 44 appartements réhabilités en logements sociaux prioritaires. Une solution destinée aux habitants en situation précaire en attente d'un habitat HLM.
Mais la politique de logement, c'est bien plus que fournir un toit à ses habitants. « A Rennes, il n'y a pas de quartier chaud, pas de grandes tours immondes. C'est dû à une mixité sociale exemplaire dans tous les quartiers », explique Erwan Bretel. Un savant mélange de population qui doit être préservé. « Le risque, c'est de vouloir en faire trop. De raser toutes les maisons du quartier de la gare pour en faire des petits immeubles. On perdrait en qualité de vie », conclut le défenseur du mal-logement.