Il ne veut plus manger de PV

Camille Allain

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Excédé par les procès-verbaux injustifiés qu'il reçoit depuis la vente de son ancien véhicule, Daniel Merlet a investi la place de la Mairie depuis samedi matin. Il y a garé sa voiture, couverte de messages expliquant la cause qu'il défend, et entamé une grève de la faim, sans quitter son monospace. « J'ai vendu ma voiture en février. A partir du mois de juin, j'ai commencé à recevoir des PV pour des effractions que je n'ai pas commises. » Preuves écrites à l'appui, le Vendéen a tenté de prouver sa bonne foi, sans succès. Agacé par la situation, il a créé l'association Andevi, qui a rassemblé une centaine d'adhérents en une semaine. Tous connaissent la même mésaventure.

Faire grève pour tous les autres
A la veille d'entamer sa grève de la faim, Daniel a pourtant reçu un courrier indiquant que toutes les poursuites dont il faisait l'objet étaient annulées. « Si je suis là, c'est pour tous les gens qui sont dans la même situation. Même avec des documents officiels de la préfecture, on nous répond que notre demande n'est pas motivée. » Si le chauffeur routier est venu jusque là, c'est parce que le centre automatisé de constatation des infractions routières est basé à Rennes. Garé au milieu du passage, Daniel discute beaucoup avec les passants, surpris. « Je reçois beaucoup de soutien. Je ne suis pas pressé. J'attends qu'on vienne me voir avec des actes, pas des paroles. J'en ai marre du bla-bla. » Son dernier repas remonte à vendredi soir. « Je me sens bien, juste un peu mal aux jambes. J'aurais dû prendre un camping-car », répond-il avec humour.