La maison de la grève n'est plus

camille allain

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Les occupants de la Maison de la grève, située dans l'ancien local de la CFDT rue de la Barbotière, ont été évacués par les forces de l'ordre, venues en nombre, tôt hier matin. Si l'opération s'est déroulée sans heurts, la manifestation organisée place de la Mairie hier soir a dégénéré, les « autonomes » ont pénétré dans le couvent des Jacobins et saccagé l'exposition qui s'y tenait.
Nous n'avons pas été autorisés à pénétrer dans la Maison de la grève, mais un employé de la ville, affairé à vider les locaux, a décrit l'endroit comme « plutôt propre et non dégradé » par les

occupants.

Conflit avec la mairie
Née lors de la contestation contre la réforme des retraites, la Maison de la grève avait élu domicile dans un bâtiment municipal, laissé vacant depuis le printemps. Problème, les locaux devaient être rénovés pour accueillir l'association Sauvegarde de l'enfant à l'adulte (SEA 35). Un projet visant à réunir Puzzle, accueil de jour pour les personnes en errance, et la Coordination pour l'accueil et l'orientation. Nathalie Appéré, adjointe à la Solidarité, avait alors demandé aux occupants de quitter les lieux, pour éviter de « remettre en cause les services proposés ».
Marie, membre actif de la Maison de la grève, refuse d'y croire. « Rien n'était décidé. C'est la mairie qui a accéléré les débats. » Des documents datés du mois de juillet confirment pourtant l'engagement de la municipalité, qui a demandé l'expulsion des occupants, en s'appuyant sur une ordonnance du tribunal. « Les travaux ont pris un peu de retard, mais les locaux devraient être remis aux associations en septembre », précise-t-on à la Ville.