« On fait du bricolage depuis la rentrée »

Jérôme gicquel

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Comme 288 autres enseignants stagiaires dans l'académie de Rennes, Simon, 23 ans, a effectué sa première rentrée cette année sans aucune formation. D'abord à mi-temps avec chaque semaine 9 heures de cours devant les élèves d'un lycée. Mais depuis début novembre, le rythme s'est sérieusement accéléré avec un plein temps à assumer et 12 heures de formation par mois . Le résultat: « Je ne compte plus les jours où je me couche à 3 h du matin pour me lever à 6 h ». Entre les cours, leur préparation et la correction des copies, Simon approche les 100 heures de travail par semaine. Dans ces conditions, impossible d'enseigner correctement. « J'ai l'impression de plus faire du bricolage qu'autre chose. C'est frustrant car je me faisais une joie d'enseigner à la rentrée », poursuit-il. A cela s'ajoute la grogne de certains parents d'élèves « qui ne nous prennent pas au sérieux. Il ne faut pas non plus inverser les rôles, le problème ne vient pas de nous mais du Ministère qui coupe dans les effectifs. » Un message que le collectif des enseignants stagiaires de Bretagne compte bien faire entendre lors de son audience avec le recteur d'académie, prévue le 6 décembre. D'ici là, des journées surchargées attendent encore Simon. « Vivement Noël ! Pas pour les fêtes, juste pour prendre un peu d'avance ! ».