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URBANISMEQuartier XXL sur le papier, ViaSilva a revu ses ambitions à la baisse

Rennes : Projet XXL sur le papier, le quartier ViaSilva a revu ses ambitions à la baisse

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Au lancement du projet en 2009, l’écoquartier devait accueillir 40.000 habitants en 2040. Quinze ans plus tard, on table désormais sur 12.000 habitants et peut-être moins
Situé sur la commune de Cesson-Sévigné, le quartier ViaSilva est le terminus de la ligne B du métro.
Situé sur la commune de Cesson-Sévigné, le quartier ViaSilva est le terminus de la ligne B du métro.  - J. Gicquel / 20 Minutes / 20 Minutes
Jérôme Gicquel

Jérôme Gicquel

L'essentiel

  • Lancé à la fin des années 2000 à Rennes, le projet urbain ViaSilva devait à l’origine accueillir 40.000 habitants et 25.000 emplois à l’horizon 2040.
  • Le projet a depuis été largement revu à la baisse avec seulement 12.000 habitants dans la nouvelle mouture.
  • Très critiqué, le projet a également vu son périmètre diviser par trois.

Construire ou remodeler une ville prend du temps, ce fameux temps long que prônent les élus et les urbanistes. À Rennes, il n’a pourtant pas fallu bien longtemps pour détricoter le grand projet urbain ViaSilva. Tout a démarré en 2009 avec l’attribution par le ministère de l’Écologie du label EcoCité à ce vaste quartier érigé comme modèle pour les villes de demain. Sur une surface de 650 hectares implantés sur les communes de Cesson-Sévigné, Rennes et Thorigné-Fouillard, le projet ViaSilva devait alors accueillir 40.000 habitants et 25.000 emplois à l’horizon 2040. « On crée une ville dans la nature, dans cette zone intra-rocade relativement vierge de toute urbanisation », indiquait alors Michel Bihan, ancien maire PS de Cesson-Sévigné.

Quinze ans plus tard, le projet a été largement revu à la baisse. Une démarche initiée par Albert Plouhinec, maire divers droite de Cesson-Sévigné de 2014 à 2020, et poursuivie par son successeur Jean-Pierre Savignac. Dans sa nouvelle mouture, le nouveau projet urbain ViaSilva ne prévoit plus que la construction de 6.000 logements, soit environ 12.000 habitants. « Mais je pense qu’il y en aura peut-être moins et tout ne sera pas terminé en 2040 », reconnaît Jean-Pierre Savignac, qui a inauguré mardi la maison du projet située en plein cœur du quartier.

Un périmètre divisé par trois

Très critiqué et qualifié « d’écocide » par certains opposants, qui dénonçaient la destruction des terres agricoles, le projet a également vu son périmètre diviser par trois. Il s’étend désormais sur une surface de 200 hectares, dont 60 hectares d’espaces de nature. « La loi zéro artificialisation nette nous oblige à être plus sobre en foncier et à aménager autrement », souligne Antoine Monnerie, directeur général délégué de la société publique locale d’aménagement (SPLA) ViaSilva.

La maquette détaillée du futur quartier ViaSilva à Cesson-Sévigné.
La maquette détaillée du futur quartier ViaSilva à Cesson-Sévigné.  - J. Gicquel / 20 Minutes

Fin 2022, la commune de Thorigné-Fouillard a également décidé de quitter le navire en vendant ses parts. Dans le projet initial, la commune devait accueillir 2.000 habitants du futur quartier ViaSilva ainsi qu’une zone d’activités d’environ 25 hectares au niveau de la porte de Tizé. Mais cette dernière opération étant désormais pilotée par la métropole, le maire de Thorigné-Fouillard a donc préféré se retirer du projet ViaSilva qui n’avait « plus grand intérêt » pour sa commune.

La demande de bureaux ne faiblit pas

Sur le papier, ViaSilva n’a donc plus grand-chose à voir avec le projet de départ. « Nous avons fait le choix d’une densification différente en privilégiant les petits collectifs et en misant sur une construction bas carbone », justifie Jean-Pierre Savignac. Avec la mise en service de la ligne B du métro, le quartier a vu arriver ces derniers mois ses premiers habitants avec 600 logements qui ont pour l’heure été livrés.

Mais en se baladant un peu dans les rues, ce sont surtout des bureaux qui poussent comme des champignons, métamorphosant totalement ce quartier à la lisière de la campagne. Dans les prochaines semaines, près de 2.000 nouveaux salariés des groupes Capgemini et Sopra Steria s’y implanteront. « Et cela va se poursuivre car la demande ne faiblit pas dans le tertiaire », assure le maire de Cesson-Sévigné.

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