Rennes : Pourquoi la péniche bar des Grands Gamins a dû fermer ses portes

Couac Amarrée au quai Saint-Cast, La Musette a fermé ses portes trois semaines après son ouverture en raison d’un problème administratif

Camille Allain
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Après trois semaines d'ouverture, la péniche bar La Musette, à Rennes, avait dû fermer ses portes pour un motif administratif.
Après trois semaines d'ouverture, la péniche bar La Musette, à Rennes, avait dû fermer ses portes pour un motif administratif. — La Musette
  • Ouverte pendant trois semaines en mai, la péniche bar La Musette a dû fermer ses portes brutalement pour un motif administratif.
  • Le litige porte sur le classement du bateau en établissement recevant du public, ce qui n’était pas prévu par les propriétaires.
  • Le classement en ERP oblige l’établissement à être en conformité avec la législation notamment sur le plan du secours à personne en cas d’incendie.

Trois semaines d’apéros, d’after work et de fêtes sur l’eau. La lumière des guirlandes de la guinguette qui reflète à la surface du canal. A bord, le bruit des verres qui tintent, celui des rires et quelques notes de musique s’échappent de la péniche centenaire. Trois semaines et puis plus rien. Ouvert en mai sur les quais Saint-Cast, à Rennes, le bar La Musette avait fermé ses portes le 31 mai, trois semaines seulement après son ouverture. Motif invoqué par les propriétaires, également à la tête du bar Les Grands Gamins : « une faille administrative ». Et depuis ? Plus rien. Après quatre mois et demi de fermeture, de nombreux clients et riverains se demandent quand La Musette pourra rouvrir. Et surtout pourquoi elle a dû fermer si soudainement. La raison est bien administrative et n’est pas si simple à régler. Explications.

L’idée d’amarrer une péniche bar sur le canal d’Ille-et-Rance ne date pas d’hier. L’appel à projets avait été lancé dès 2019 par la ville de Rennes et la région Bretagne, compétente dans le domaine fluvial. Les premières installations étaient espérées dès 2020 mais le Covid s’en est mêlé. La lourdeur administrative française aussi, qui a refroidi certains porteurs de projets et en a ralenti d’autres. On croyait que l’affaire était réglée quand La Musette s’était amarrée en avril aux côtés du Salon Mouch’, salon de coiffure flottant implanté là depuis 2014.

Un problème d’évacuation en cas de feu

Avant d’ouvrir, les propriétaires du bar avaient obtenu la validation de la Direction départementale des territoires et de la mer avec qui ils étaient en contact depuis plusieurs mois pour instruire leur dossier. Sauf que les services de l’État se sont rétractés. « Au départ, la péniche était considérée comme matériel navigant. Toute l’instruction a été faite en ce sens. Mais l’État a considéré que la péniche restant à quai, elle devenait un ERP (établissement recevant du public) », explique un proche du dossier.

Une approche confirmée dans certains textes que nous avons consultés. « Si le navire reste à quai, il dépend de la réglementation des établissements flottants recevant du public établie par l’arrêté du 9 janvier 1990 », explique le comité du tourisme des Ardennes dans une note. « Tout établissement doit répondre aux règles de sécurité relatives à la protection contre les risques d’incendie et de panique du règlement de sécurité », peut-on lire sur le site de Légifrance.

L’objectif : « rouvrir au plus vite »

Contactés, les propriétaires la péniche ne souhaitent pas s’exprimer. Ceux qui sont déjà à la tête du très populaire bar Les Grands Gamins ont lourdement investi pour acquérir et transformer ce chaland nantais datant de 1903. Jérémy Leduc et Matthieu Horeau confirment le litige avec l’État au sujet du classement de leur établissement en ERP et « espèrent trouver une solution et rouvrir au plus vite ».


En devenant un ERP, la péniche se retrouve soumise à une réglementation stricte, notamment sur le plan de la « secourabilité ». C’est pour cette raison liée à l’évacuation des clients en cas d’incendie que la péniche avait dû fermer. « La question est de savoir si l’on peut faire sortir 75 personnes par une seule passerelle », poursuit ce proche du dossier. C’est donc entre les mains des pompiers du SDIS 35 que le dossier a atterri. Eux seuls pourront donner leur accord à la ville de Rennes, désormais en charge de l’instruction, d’autoriser la réouverture de la péniche. Contactée, la municipalité rennaise confirme « être en contact régulier avec les propriétaires » avec l’espoir « de trouver une solution satisfaisante pour tout le monde ». Dans quels délais ? Impossible à dire.