Rennes : « C’est infernal »… Des habitants n’en peuvent plus des avions au-dessus de leurs têtes

NUISANCES Depuis la mise en place d’un nouveau couloir de décollage en mars, des habitants de Vern-sur-Seiche se plaignent du bruit assourdissant des avions

Jérôme Gicquel
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Un avion de la compagnie EasyJet se pose à l'aéroport de Rennes.
Un avion de la compagnie EasyJet se pose à l'aéroport de Rennes. — Camille Allain / 20 Minutes
  • Des habitants de Vern-sur-Seiche, près de Rennes, vont de nouveau manifester samedi contre les nuisances sonores aériennes.
  • Depuis mars et la mise en place de nouvelles trajectoires de décollage, les avions ont pris l’habitude de survoler la commune.
  • Les habitants craignent également un accident, la commune abritant deux sites classés Seveso.

EDIT : Initialement prévue ce samedi, la manifestation du collectif Stop Nuisances Vern a finalement été reportée au 22 octobre. Elle se déroulera devant l’aéroport de Rennes-Saint-Jacques.

Ils n’entendent pas relâcher la pression. Après deux manifestations les 10 et 17 septembre devant l’aéroport et la préfecture d’Ille-et-Vilaine, le collectif vernois contre les nuisances sonores appellent de nouveau à la mobilisation ce samedi. Ces habitants de Vern-sur-Seiche, commune située au sud-est de Rennes, en ont leur claque de la trentaine d’avions qui passent chaque jour au-dessus de leurs têtes. Ils avaient déjà l’habitude du bruit des appareils qui atterrissent à l’aéroport voisin de Rennes-Saint-Jacques. Mais depuis le printemps, ils doivent également supporter le vacarme des moteurs au décollage. « Même avec la baie vitrée fermée, c’est infernal ! », assure Virginie Chevallier, membre du collectif.

Les nuisances ont démarré fin mars quand les trajectoires de décollage de l’aéroport ont été modifiées à titre expérimental pour soulager les habitants de la commune voisine de Noyal-Châtillon-sur-Seiche. Un nouveau couloir aérien avait alors été défini afin que les avions passent au-dessus de terres agricoles pour « réduire de deux tiers le nombre d’habitants impactés », selon la préfecture d’Ille-et-Vilaine. « Mais ce couloir n’est pas respecté par certaines compagnies », s’insurge Stéphane Labbé, maire de Vern-sur-Seiche.

Deux sites Seveso sur la commune

Plusieurs fois alertées, les autorités assurent avoir demandé aux compagnies aériennes de réduire les vitesses de décollage afin de faciliter la rotation des appareils et d’éviter ainsi le survol de la commune de Vern-sur-Seiche. « Cela a fonctionné mais seulement pendant deux semaines, indique Virginie Chevallier. Les avions font maintenant ce qu’ils veulent. »

Ce mercredi, le sujet des nuisances sonores a de nouveau été abordé lors d’une réunion à la mairie de Vern en présence de membres de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) et de la préfecture. « Ils ont reconnu que ce n’était pas la bonne solution et qu’il fallait revoir des choses mais c’est tout », regrette Stéphane Labbé. Dans trois semaines, une nouvelle réunion devrait avoir lieu entre les élus et la préfecture avant que l’analyse des résultats de l’expérimentation ne soit présentée le 16 novembre. « Je pense que ce dossier va être long à régler du fait de la lenteur administrative », soupire le maire.


Outre les nuisances sonores, ce dernier s’inquiète aussi du survol de sa commune à très basse altitude par les avions. Car avec le site Antargaz et le dépôt pétrolier Total, Vern-sur-Seiche est classée en zone Seveso. Avec tous les risques que cela comporte. « Je n’ose même pas imaginer si une catastrophe aérienne devait se produire », indique Virginie Chevallier. Contactées, ni la préfecture d’Ille-et-Vilaine, ni la Direction générale de l’aviation civile n’ont répondu à nos questions.

Le trafic a redécollé cet été

Après deux années mornes en raison de l’épidémie, l’aéroport de Rennes a retrouvé des couleurs cet été. En juillet et août, il a accueilli 123.000 passagers, soit les trois quarts de son trafic avant la pandémie. Parmi ces voyageurs, 30 % ont emprunté une liaison internationale, un niveau comparable à celui observé avant la crise sanitaire. C’est la ligne reliant la capitale bretonne à l’aéroport de Londres-Gatwick qui a remporté le plus de succès cet été.