Rennes est-elle une « ville sage » dans sa construction ?

Architecture Pour sa première édition, le festival Georges veut présenter l’architecture « de façon décalée » aux habitants de Rennes

Camille Allain
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La mairie de Rennes, ici photographiée le 12 mars 2020, fait partie des bâtiments emblématiques de la capitale bretonne.
La mairie de Rennes, ici photographiée le 12 mars 2020, fait partie des bâtiments emblématiques de la capitale bretonne. — C. Allain / 20 Minutes
  • À l’occasion du premier festival d’architecture Georges, « 20 Minutes » s’interroge sur l’identité architecturale de Rennes.
  • Mélange d’ancien et de nouveau, la capitale bretonne est réputée « sage » notamment en raison de la forte présence d’administrations.
  • Dans le classement des bâtiments les plus connus, des bâtisses historiques comme le parlement de Bretagne côtoient des créations des années 70.

L’architecture est partout, tout le temps. Considérée par certains comme une discipline artistique, elle a la particularité de s’imposer dans les rues de nos villes sans que l’on ne puisse en décider. Pour qualifier le nouvel immeuble du quartier, chacun peut donc y aller de son commentaire souvent très argumenté. « C’est moche ». Mais pour qui ? Et pourquoi ? C’est pour essayer de parler de leur métier que des architectes de Rennes et la Maison de l’architecture et des espaces en Bretagne (MaeB) ont fondé le festival Georges, dont la première édition démarre ce samedi 24 septembre. Sa directrice Virginie Février espère « faire un pas de côté pour parler d’architecture de façon décalée ». A l’aube du festival qui se poursuit jusqu’au 9 octobre, nous avons donc interrogé l’un des fondateurs de Georges pour connaître l’identité architecturale de Rennes. Est-elle remarquable ? Remarquée ? Difficile de trancher. Mais Rennes a ses atouts.


La dalle du Colombier, à Rennes, où trône la tour de l'Eperon, imaginée par l'architecte Louis Arretche.
La dalle du Colombier, à Rennes, où trône la tour de l'Eperon, imaginée par l'architecte Louis Arretche. - C. Allain / 20 Minutes

Dans le paysage urbain de Rennes, quels sont les bâtiments qui vous marquent ? Si l’on posait cette question aux habitants, on aurait sans doute un large éventail de réponses. Non, Rennes n’a pas de tour Eiffel. Le parlement de Bretagne viendrait en bonne position. Les Horizons aussi. La gare aussi. Et peut-être même les prisons du centre-ville. « Rennes est une ville plutôt sage, un peu technocratique. Dans son histoire récente, elle a accueilli beaucoup de tertiaire, d’administrations. Elle n’a pas l’héritage industriel que peuvent avoir Bordeaux, Nantes ou les villes portuaires », estime Valentin Engasser.

La patte de Louis Arretche

Pour expliquer cette relative sobriété, l’architecte rennais rappelle aussi que la capitale bretonne est une ville très universitaire, citant en exemple le campus Beaulieu imaginé par Louis Arretche. On n’imagine pourtant mal les touristes se presser au milieu des bâtiments de l’université Rennes 1 pour en admirer les contours.


Rennes est pourtant ainsi faite. Elle mélange les couleurs des pans de bois du Moyen Age à la blancheur des immeubles des années 1970 comme l’Eperon ou les Horizons de Georges Maillols. Acclamée il y a cinquante ans pour sa modernité, l’inspiration de Louis Arretche pour l’urbanisme sur dalle est aujourd’hui impossible à rénover. « Une œuvre d’art si on veut la voir, on va au musée. On peut même la ranger. L’architecture, tout le monde la subit ». Et pour longtemps. La question est de savoir quels seront les bâtiments d’aujourd’hui qui marqueront les générations de demain. Impossible à dire dans une ville qui se construit de partout. Rendez-vous dans cinquante ans.