La ligne B du métro va « révolutionner » Rennes, promet la maire

INTERVIEW Après de nombreux retards, la ligne B du métro rennais va enfin être mise sur les rails mardi matin. « Il continuera à y avoir une période de rodage et de réglages », annonce Nathalie Appéré, la maire de Rennes

Maire de Rennes depuis 2014, Nathalie Appéré préside aussi la métropole depuis 2020.
Maire de Rennes depuis 2014, Nathalie Appéré préside aussi la métropole depuis 2020. — C. Allain / 20 Minutes
  • La ligne B du métro rennaise sera mise sur les rails mardi matin.
  • Pour Nathalie Appéré, maire et présidente de la métropole, cette mise en service va « révolutionner le quotidien des habitants ».
  • Après la ligne B, le réseau de bus sera également redéployé à compter du 24 octobre.

On l’a désespérément attendue mais la voilà enfin. Après plus d’un an et demi de retard, la ligne B du métro rennais commencera à fonctionner mardi matin avec une première rame qui s’élancera à 5h15. Plus petite ville au monde dotée d’un métro avant que Lausanne et Brescia ne la dépassent, la capitale bretonne s’apprête donc à passer la seconde. L’occasion pour 20 Minutes de faire le point avec la maire et présidente de Rennes Métropole Nathalie Appéré sur la politique de mobilité et de transports de la ville.

La ligne B du métro va enfin entrer en service. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Très enthousiaste bien sûr ! Mais il y a aussi une forme de fierté à voir aboutir un projet qui s’est construit depuis plus de vingt ans, dont huit années de chantier. Cette mise en service va révolutionner le quotidien des Rennais et des Rennaises et leur manière de se déplacer dans cette ville. Ce chantier hors norme est aussi le fruit d’une aventure collective qu’il faut saluer. Mais la mission des uns et des autres ne va pas s’arrêter le 20 septembre au matin.

Vous craignez quelques couacs ?

Tout ne sera pas complètement réglé au démarrage et il continuera à y avoir une période de rodage et de réglages. Car dans le domaine du ferroviaire, plus on roule et plus le niveau de performance et de fiabilité augmente. On a tendance à l’oublier mais il a fallu deux ans pour que la ligne A atteigne son niveau de fiabilité. On l’atteindra aussi sur la ligne B mais cela prendra un peu de temps.

Vous parlez de révolution dans le quotidien des Rennais. Dans quel sens ?

Trois quarts des habitants seront désormais à moins de 600 mètres d’une station de métro. Cela offre une facilitation considérable des déplacements et va permettre de supprimer 50.000 déplacements automobiles par jour dans la métropole. La mise en service de la ligne B va aussi s’accompagner d’un redéploiement complet du réseau de bus à partir du 24 octobre avec des horaires élargis et une plus grande fréquence des bus. Et ce n’est pas la fin de l’histoire en termes de politique des mobilités puisqu’on continue à travailler sur les cinq lignes de trambus. Les études de faisabilité sont terminées et nous allons démarrer d’ici la fin de l’année une phase de concertation sur les tracés. Autour de cette ligne B, c’est tout un réseau de transports et de mobilités qui se retrouve renforcé afin que l’on puisse se déplacer plus facilement et de manière moins polluante.

Donc une ville sans voiture ?

Non. Toutes ces nouvelles solutions de mobilités doivent permettre de réduire le trafic automobile pour avoir une ville plus apaisée, plus végétalisée, moins polluée et moins bruyante. C’est un enjeu de santé publique et de transition écologique. La suppression du parking Vilaine marque d’ailleurs cette ambition. Mais il continuera à y avoir des voitures dans le centre-ville. Car l’objectif zéro voiture n’a pas de sens. Ce n’est pas en tout cas l’objectif que nous poursuivons.

La ligne B en chiffres

Sur un tracé de 13,4 kilomètres, la ligne B du métro desservira quinze stations entre les communes de Saint-Jacques-de-la-Lande et Cesson-Sévigné. A son lancement, 21 rames circuleront simultanément avant que quatre autres ne débarquent d’ici la fin de l’année. 110.000 voyages jour sont prévus sur cette nouvelle ligne tandis que 140.000 sont déjà comptabilisés sur la ligne A.