Rennes : Eau moins chaude, isolation… C’est quoi cette « piscine de demain » ?

ECONOMIES Confrontée à la hausse des prix de l’énergie, la piscine de la Conterie, à Chartres-de-Bretagne, a mené d’importants travaux de réduction de ses consommations

C.A. avec AFP
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La piscine de la Conterie, à Chartres-de-Bretagne, a mené d'importants travaux d'économie d'énergie sous la coupe de son directeur Stéphane Chatenet.
La piscine de la Conterie, à Chartres-de-Bretagne, a mené d'importants travaux d'économie d'énergie sous la coupe de son directeur Stéphane Chatenet. — Damien Meyer / AFP

Elles subissent de plein fouet les hausses du prix de l’énergie. Souvent critiquées pour leur consommation importante de gaz ou d’électricité, les piscines françaises tentent de se protéger de la flambée du coût de l’énergie. « Dans le contexte actuel, nous nous attendons à une hausse de plus de 70 % de nos dépenses d’électricité pour 2022 », estime Stéphane Chatenet, directeur de la piscine de La Conterie, à Chartres-de-Bretagne.

Situé à quelques kilomètres au sud de Rennes, l’équipement ouvert en 2008 travaille depuis dix ans à limiter ses dépenses avec l’aide du syndicat intercommunal. Des efforts couronnés par l’obtention, en mai, du premier label piscine de demain, qui récompense les piscines publiques françaises les plus écoresponsables. L’installation de variateurs a été la plus probante. « Depuis 2018, on a baissé de plus de 40 % notre consommation d’électricité en équipant nos moteurs de variateurs afin d’ajuster au mieux la consommation à la fréquentation. Les consommations sont calculées au plus près par des algorithmes », explique le directeur.

La piscine de la Conterie, à Chartres-de-Bretagne, a mené d'importants travaux d'économie d'énergie.
La piscine de la Conterie, à Chartres-de-Bretagne, a mené d'importants travaux d'économie d'énergie. - Damien Meyer / AFP

La chaudière à gaz a été remplacée par une chaudière à bois alimentée par les 12 communes environnantes. La piscine a également fait isoler de laine de roche ses 3 km de tuyaux pour limiter la chaleur dans les sous-sols, où la température flirtait avec les 30 °C et faisait surchauffer la chaudière. Quand il fait très chaud dehors, la température des bassins est régulièrement abaissée à 27 degrés pour réduire un peu les consommations.

Les piscines forcées de réduire leur consommation

Mises bout à bout, toutes les mesures d’économies réalisées par l’établissement ont permis de consommer moins de kilowattheures aujourd’hui avec trois bassins qu’avec deux en 2012. Un chantier coûteux mais qui a été entièrement financé par le dispositif des « certificats d’économie d’énergie » (CEE), qui oblige les fournisseurs d’énergie à financer des travaux d’économies d’énergie.

D’ici 2030, les piscines françaises devront réduire leur consommation d’énergie de 40 % par rapport à 2010, en vertu d’un décret pris dans le cadre de la loi Elan.