Rennes : « On s’est posé la question »… Quel accueil pour le retour de la grande braderie ?

COMMERCE Traditionnellement organisée pour le lancement des soldes, la grande braderie de Rennes a dû être décalée après deux années d’absence

Camille Allain
— 
La grande braderie de Rennes attire chaque année environ 300.000 personnes dans le centre-ville.
La grande braderie de Rennes attire chaque année environ 300.000 personnes dans le centre-ville. — C. Allain / 20 Minutes
  • Annulée à deux reprises à cause de la pandémie, la grande braderie de Rennes est de retour ce mercredi dans le centre-ville.
  • Si l’événement est moins incontournable que par le passé, il demeure très populaire et attire plusieurs centaines de milliers de personnes.
  • Traditionnellement organisée pour lancer les soldes, la braderie a dû être décalée d’une semaine pour laisser place à la Fête de la musique.

Elle a été absente pendant deux ans, fauchée par l’épidémie de Covid-19. Et quand elle a voulu faire son retour sur le créneau qui lui était traditionnellement réservé, on lui a dit non, désolé. Mal-aimée ? Disons qu’elle ne fait pas l’unanimité. Ce mercredi, la grande braderie va pourtant signer un come-back tonitruant dans le centre-ville de Rennes. Habitué à lancer les soldes d’été, l’événement a dû être décalé d’une semaine pour laisser la priorité à la Fête de la musique. « La ville ne pouvait pas être prête à 5 heures du matin après une nuit de fête », résume Alix Lequime.

Arrivée en 2019, la nouvelle directrice du Carré Rennais​ n’a jamais organisé la grande braderie. Mais elle l’a bien connue en tant que cliente. « Notre employeur nous laissait plusieurs heures le midi pour y aller. A cette époque, la braderie à Rennes, c’était fou ». La jeune directrice reconnaît que le plus gros événement commercial de la capitale bretonne « n’est plus ce qu’elle était il y a dix ans ». Et admet même que les équipes du Carré Rennais ont réfléchi à la relancer après deux ans de silence. « On s’est posé la question parce que l’organisation est très conséquente et le coût important. Mais on a vite réalisé qu’il ne fallait pas qu’elle disparaisse. Parce qu’elle reste très attendue et qu’elle contribue à mettre en valeur les commerces du centre-ville », justifie la directrice.

Après deux ans d'absence en raison du Covid-19, la grande braderie de Rennes fait son retour à une date atypique.
Après deux ans d'absence en raison du Covid-19, la grande braderie de Rennes fait son retour à une date atypique. - C. Allain / 20 Minutes

Habitués à brader depuis cinquante ans à chaque fois que l’été pointe le bout de son nez, les commerçants rennais semblent hyper enthousiastes. Les stocks bien pleins après deux années pourries, ils apprécient finalement le choix d’une date différenciée du lancement des soldes, qui leur offre deux temps forts. Ce mercredi, ils seront plus de 170 à déballer, pour environ 150 commerçants itinérants. Une augmentation significative de la présence des locaux qui va ravir ceux qui critiquaient l’omniprésence des camelots. Avec quelle fréquentation ? « Impossible à dire », reconnaît la directrice. Par le passé, l’événement attirait jusqu’à 400.000 personnes en une journée.

« J’y vais depuis toute petite, j’adore »

Et qu’en pensent les Rennais ? Les avis laissés par nos lecteurs sont partagés. Il y a d’abord les amoureux. « Pour moi la grande braderie est incontournable. Je ne ressens pas la même excitation avec les soldes. La grande braderie, c’est à part », estime Stéphane. Nathalie tire dans le même sens. « J’y vais depuis toute petite, j’adore. C’est un moment festif, l’ambiance est chouette ».

Comme plusieurs de nos lecteurs, elle regrette la disparition du grand concert qui est longtemps venu ponctuer cette journée sur l’esplanade de Gaulle. Laëtitia regrette quant à elle qu’elle « ne coïncide pas avec le début des soldes ». A Rennes, certains mordus ont l’habitude de poser une journée de congés pour venir chiner. Plus compliqué quand il faut en prendre deux. Denis pense même qu’il faudrait « l’organiser le samedi jusque tard dans la nuit pour que tout le monde puisse en profiter ».

Si certains sont amoureux de l’événement, d’autres reconnaissent aisément qu’ils n’iront pas. « C’est une braderie de vêtements chinois de mauvaise qualité », estime Nataly. François la décrit même comme « ringarde » avec « des produits de mauvaise qualité voire de contrefaçon ». Ceux qui l’ont connue par le passé peinent parfois à s’y retrouver. « Je la faisais tous les ans car mon lycée était juste à côté. Il n’y a plus de place pour les stands originaux où j’achetais mes t-shirts métal ou accessoires. Aujourd’hui, c’est toujours les mêmes produits : vêtements et parfums tous les dix mètres ».

Ces critiques, les organisateurs du Carré Rennais y sont habitués. « Qu’on aime la braderie ou qu’on ne l’aime pas, elle reste une fête, une journée sourire, de plaisir », assure la directrice. Après deux ans d’abstinence, Rennes peut renouer avec son dicton. Mercredi, c’est braderie.