Ille-et-Vilaine : Un maire frappé par les gérants d’un cirque qui tentaient de s’installer sur sa commune

AGRESSION Le maire de La Bouëxière Stéphane Piquet a porté plainte après avoir subi crachats et coups lors d’une confrontation

Camille Allain
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En Ille-et-Vilaine, les responsables d'un cirque ont agressé et frappé le maire de la commune de la Bouëxière qui leur demandait de partir.
En Ille-et-Vilaine, les responsables d'un cirque ont agressé et frappé le maire de la commune de la Bouëxière qui leur demandait de partir. — T. Raynaud/SIPA
  • Le maire de La Bouëxière (Ille-et-Vilaine) a été insulté et frappé dimanche 12 juin alors qu’il s’entretenait avec les gérants d’un cirque.
  • Stationné sur un champ appartenant à la commune, le cirque n’avait pas l’autorisation de s’y installer.
  • Deux plaintes ont été déposées à la gendarmerie. L’une de la part du maire, l’autre de la part d’une femme membre du cirque.

Ce lundi matin, Stéphane Piquet est passablement énervé. Dimanche, le maire de La Bouëxière (Ille-et-Vilaine) a été appelé par des habitants de sa petite commune située à l’est de Rennes, qui s’étonnaient de voir un cirque s’installer dans un champ appartenant à la municipalité, comme l’a révélé Ouest-France. Après sa permanence au bureau des élections législatives, l’élu s’est donc rendu sur place avec une adjointe pour demander des explications. Et ça ne s’est pas bien passé du tout.

Le maire explique qu’on lui a craché dessus, avant qu’il reçoive « une claque monumentale » et qu’une personne le frappe violemment à la tête alors qu’il avait fait demi-tour. « Je me suis pris un énorme coup dans la gueule. J’étais sonné, je croyais que j’allais tomber », explique le maire, joint par 20 Minutes.

L’adjointe sous le choc

Les propriétaires de ce cirque de la famille Zavatta auraient expliqué avoir reçu l’autorisation de s’installer sur la parcelle de la part de l’agriculteur qui l’exploite. « Mais elle ne lui appartient pas, c’est à la municipalité. Et elle n’est pas du tout adaptée, il n’y a ni eau, ni électricité », assène Stéphane Piquet.

Pour éviter que la situation ne dégénère un peu plus, c’est son adjointe qui s’est interposée. Ce lundi matin, elle est toujours sous le choc. « Après le coup reçu, il était livide, chancelant. On est partis en se faisant insulter de tous les noms », explique l’élue.

Une plainte de chaque côté

Appelés, les gendarmes sont arrivés sur place et ont pris la plainte du maire. « La personne mise en cause a été entendue », promet la gendarmerie, qui précise qu’une plainte a été déposée par une femme du cirque pour de prétendues insultes racistes. Le parquet de Rennes confirme et explique « qu’une enquête est en cours afin de déterminer les circonstances de ces faits ». « C’est du délire ! Ils essayent de retourner la situation et de se faire passer pour des victimes. Mais c’est un élu qui a été visé et frappé. Et eux peuvent partir comme ça, sans être inquiétés ? Ce sont des crapules », s’agace le maire, qui se dit « abandonné » de l’institution.

Son adjointe attendait ce lundi d’être entendue pour procéder à un dépôt de plainte. Alors qu’elle était retournée aux abords de la parcelle pour voir comment la situation évoluait, l’élue a été prise à partie par une femme qui l’aurait insultée et menacée. « J’ai un sentiment un peu amer aujourd’hui. Je ne suis pas allé là-bas pour taper sur des gens mais pour leur demander de partir. Ils étaient 20 face à nous », raconte le maire. Le midi, le cirque Zavatta était parti, sans que l’on ne sache pour l’heure où il allait s’installer.