Rennes : Les terrasses saisonnières de retour mais avec de nouvelles règles

COMMERCE Une quarantaine d’établissements ont été autorisés par la ville de Rennes à déployer leur terrasse en bois sur les trottoirs et les places de stationnement jusqu’au 30 septembre

Jérôme Gicquel
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Situé rue de Saint-Malo à Rennes, le restaurant King Créole a retrouvé sa terrasse saisonnière.
Situé rue de Saint-Malo à Rennes, le restaurant King Créole a retrouvé sa terrasse saisonnière. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Les terrasses éphémères, rebaptisées terrasses saisonnières, sont de retour dans les rues de Rennes.
  • La ville, qui les autorise jusqu’au 30 septembre, a toutefois revu les règles.
  • Aucune extension de terrasse n’a ainsi été accordée, la priorité était donnée aux bars et restaurants n’ayant pas de terrasse à l’année.

Ne les appelez plus terrasses Covid ou terrasses éphémères. Depuis quelques jours, les terrasses saisonnières sont de retour dans les rues de Rennes. Comme de nombreuses villes, la municipalité rennaise avait autorisé ces structures en bois au moment du déconfinement en 2020 et 2021 pour relancer l’activité des bars et des restaurants, durement impactés par la crise sanitaire. Dans la capitale bretonne, ce dispositif de soutien avait été largement plébiscité avec 120 demandes d’extension ou de création de terrasses accordées par la ville. « Cela nous a clairement sauvé la vie, sans cela et les aides de l’État, on aurait fermé la boutique », souligne Patricia, gérante du Café des Feuilles.

Les terrasses éphémères sont autorisées jusqu'au 30 septembre cette année à Rennes.
Les terrasses éphémères sont autorisées jusqu'au 30 septembre cette année à Rennes. - J. Gicquel / 20 Minutes

Devant ce restaurant situé rue Saint-Hélier, la petite terrasse végétalisée a de nouveau été installée depuis le 15 mai sur une place de stationnement. « Ce n’est pas forcément pour faire plus de couverts, assure la restauratrice. Cela apporte surtout un petit coin de respiration aux habitants du quartier, une coupure avec la rue où il y a beaucoup de circulation. » Rue de Saint-Malo, les gérants du King Créole ont également ressorti leur terrasse en bois construite pendant le Covid-19. Plus imposante, elle leur permet de gagner une vingtaine de couverts à chaque service. « Les clients adorent manger en terrasse, indique Martial, le gérant des lieux. Quand il fait beau, on n’a quasiment plus personne à l’intérieur. »

Priorité aux établissements sans terrasse à l’année

Ces deux restaurants font partie des 37 établissements autorisés cette année à déployer leur terrasse saisonnière jusqu’au 30 septembre. Les restrictions ayant été levées pour les bars et les restaurants, la ville de Rennes s’est en effet montrée plus sélective pour l’attribution des autorisations de terrasse. Aucune demande d’extension n’a ainsi été possible cette année. « Le dispositif mis en place en 2020 et 2021 a été salué par la profession, souligne l’adjoint au commerce Didier Le Bougeant. Mais on s’est aussi aperçu que cela accentuait les inégalités entre ceux qui avaient des grandes et des petites terrasses. Sans compter les nuisances sonores à certains endroits. »

En 2022, la priorité a donc été donnée aux établissements, principalement des restaurants, qui n’ont pas du tout de terrasse à l’année ou alors une toute petite. La surface autorisée a également été revue à la baisse, passant de 20 à 10 m², tandis que la gratuité a pris fin, chaque commerçant devant désormais s’acquitter d’un droit de terrasse. « On nous enlève aussi un mois de terrasse car elles étaient autorisées jusqu’au 31 octobre l’an dernier », râle un restaurateur. « Mais il s’agissait d’une année exceptionnelle aussi et l’exception ne peut pas devenir la règle », lui répond Didier Le Bougeant.

Les deux derniers étés, plusieurs rues du centre-ville avaient également été rendues piétonnes en soirée le week-end, permettant aux cafés et aux restaurants de déployer leurs terrasses sur l’espace public. Mais le dispositif ne sera cette fois pas renouvelé cet été. « Il y a souvent des travaux de voirie à cette période et on n’a pas envie de rajouter trop de contraintes », précise Didier Le Bougeant.