Rennes : 100 millions pour 250 mètres… Pourquoi allonger le métro coûtera un bras

TRANSPORTS EN COMMUN Alors que Rennes attend toujours la livraison de sa ligne B, une réunion publique présentant l’extension de la ligne A à Kennedy se tient ce mardi à Villejean

Camille Allain
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A Rennes, l'extension de la ligne A du métro passera sous un immeuble de l'avenue de Guyene à Villejean.
A Rennes, l'extension de la ligne A du métro passera sous un immeuble de l'avenue de Guyene à Villejean. — C. Allain / 20 Minutes
  • A Rennes, un important chantier devra être mené pour allonger la ligne A du métro et augmenter sa capacité.
  • Des travaux sur « seulement » 250 mètres qui devraient coûter environ 100 millions d’euros à la métropole en raison de la complexité du chantier.
  • Le futur tracé qui servira de voie de stockage passera entre les fondations d’un important immeuble d’habitations.

C’est un tout petit bout de tunnel de 250 mètres, bien loin des 14 kilomètres de la ligne B que tous les Rennais attendent avec impatience. Sous la dalle Kennedy, cette courte extension du terminus de la ligne A du métro va pourtant demander des travaux colossaux. Et surtout coûter un bras. Pour cette seule portion d’agrandissement de la gare, le chantier est estimé à 87 millions d’euros. « Hors taxes, sans aléa de chantier ni d’inflation des matériaux », se méfie Matthieu Theurier.

Après plusieurs reports de l’ouverture de la ligne B, le vice-président de Rennes Métropole délégué aux transports préfère se montrer prudent quand les travaux sont aussi complexes. « Dès qu’on touche au métro, tout coûte très cher ». Ce mardi, le chantier sera présenté aux habitants du quartier à l’occasion d’une réunion publique. Une concertation de six mois pour un projet qui s’annonce délicat sur certains aspects.


Inaugurée en 2002, la ligne A du métro rennais pourrait arriver à saturation quand sa petite sœur aura fait irruption. Au terminus Kennedy, elle est bridée par l’absence de gare de stockage, qui l’empêche de faire circuler plus de 30 rames en simultané. C’est pour améliorer la cadence et tendre vers l’incroyable chiffre d’un métro toutes les 66 secondes que la métropole souhaite investir lourdement.

Un passage délicat sous un immeuble

Pour y parvenir, il faudra allonger les voies, construire un deuxième quai et aménager une gare de stockage dans le but de faire circuler 36 rames en simultané à l’horizon 2028. « Le gros du chantier se fera sous terre donc il aura peu d’impact sur la vie en surface. Notre gros point de vigilance, c’est quand nous devrons creuser les 250 mètres et passer sous une copropriété », prévient l’élu écologiste. Cette tranchée couverte passera par un trou de souris et viendra se glisser entre les fondations d’un large immeuble d’habitation de l’avenue de Guyenne. Ajoutez à cela un tracé qui viendra flirter avec le parking-relais et vous comprendrez pourquoi ce chantier devrait coûter 100 millions.

Ce montant élevé est le prix à payer pour gagner 25 % de capacité sur la ligne A et tendre vers le chiffre maximal de 9.300 personnes transportées par heure. Un effort financier important qui permettra de lisser les hyperpics de fréquentation et d’absorber les 100.000 voyageurs quotidiens espérés sur la ligne B. Déjà informée du chantier, la population s’interroge encore sur l’impact des travaux, notamment concernant le stationnement et la circulation, déjà compliqués à Villejean. Les riverains ont le temps de s’y préparer. Les travaux devraient démarrer en 2025 et s’achever en 2028. « Le chantier est complexe, il va demander de longs temps d’étude », prévient Matthieu Theurier.