Rennes : L’école de la Courrouze enfin prête après dix ans de galères

EDUCATION Un premier chantier d’école avait dû être abandonné en raison d’une pollution aux solvants chlorés retrouvée dans les sols

Camille Allain
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A Rennes, le groupe scolaire Simone Veil est doté d'une cour dite non genrée.
A Rennes, le groupe scolaire Simone Veil est doté d'une cour dite non genrée. — C. Allain / 20 Minutes
  • A Rennes, le chantier de l’école Simone Veil de La Courrouze a été maintes fois retardé, notamment en raison d’une pollution persistante dans les sols.
  • Redémarré à zéro en 2016, le chantier a dû être déplacé de quelques dizaines de mètres.
  • La maire Nathalie Appéré espère que l’équipement donnera vie à un quartier encore jeune qui semble chercher sa centralité.

C’est un beau roman, c’est une belle histoire. Enfin, non, une sale histoire. En septembre, la ville de Rennes s’apprête à clore le chapitre d’un chantier qu’elle n’avait pas du tout envisagé aussi long. Comme la série Plus belle la vie, l’interminable chantier de l’école de la Courrouze touche à sa fin. Les entreprises menant les travaux ont promis de remettre les clés à la ville début juillet afin d’envisager une rentrée de septembre sereine. Dans ce quartier champignon, les premiers habitants sont arrivés en 2011. On promettait alors aux familles l’ouverture prochaine d’une grande école primaire et maternelle. Il leur aura fallu patienter onze ans. La faute à une vilaine poche de polluants restés dans les sols.

Il avait fallu tout recommencer à zéro. En 2016, la maire de Rennes Nathalie Appéré avait annoncé l’abandon du chantier de construction de l’école de la Courrouze, après deux ans d’expertises, d’études et de tentatives de dépollution. Le constat était alors sans appel : impossible de construire une école sur un terrain où des résidus de solvants chlorés provenant du passé industriel du quartier restent détectables. La décision avait été prise de construire un nouveau bâtiment juste à côté pour y accueillir le groupe scolaire.

A Rennes, le groupe scolaire Simone Veil est doté d'une cour végétalisée.
A Rennes, le groupe scolaire Simone Veil est doté d'une cour végétalisée. - C. Allain / 20 Minutes

Déjà bien avancé, l’autre bâtiment avait été revendu au promoteur Legendre, qui l’a depuis agrandi et devrait bientôt y accueillir des bureaux. Promise pour 2021, l’école baptisée Simone Veil ouvrira finalement à la rentrée 2022. « C’est un soulagement car il y a une attente forte des familles du quartier », reconnaît la maire Nathalie Appéré.

Un quartier qui manque de vie

Ce chantier estimé à 21 millions d’euros permettra aux parents dont les enfants étaient scolarisés à Champion de Cicé (Cleunay) et Marie Pape-Carpantier (La Mabilais) de revenir dans le quartier. « Une école, c’est un élément de proximité qui contribue à la vie d’un quartier. La Courrouze va pouvoir s’organiser autour », ajoute la maire. L’arrivée prochaine de la ligne B du métro mais aussi les livraisons récentes d’équipements comme l’Antipode ou les Cartoucheries ont donné au quartier une animation qui lui faisait cruellement défaut. Quelques commerces ont bien émergé ici et là mais on peine encore à « vivre » pleinement à la Courrouze. On pourrait plutôt dire qu’on y dort, même si le cadre verdoyant attire de nombreuses familles.

Au total, le groupe scolaire pourra accueillir 16 classes. A la rentrée de septembre, elles ne seront que six (trois en élémentaire et trois en maternelle), en attendant que les effectifs ne progressent avec l’arrivée de nouvelles familles.