Rennes : Les personnels transgenres des universités pourront utiliser un prénom d’usage

TRANSPHOBIE La possibilité était déjà ouverte aux étudiants depuis 2017 et 2019 mais pas encore pour les membres du personnel, en raison d’un blocage de logiciel

Camille Allain
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Illustration du campus de Beaulieu, de l'université Rennes 1.
Illustration du campus de Beaulieu, de l'université Rennes 1. — C. Allain / 20 minutes
  • A Rennes, les deux universités ont ouvert la possibilité d’utiliser un prénom d’usage pour les membres de leur personnel.
  • Un blocage de logiciel posait jusqu’ici problème, même si la possibilité était déjà ouverte aux étudiants.
  • Le prénom d’usage est souvent utilisé par des personnes transgenres souhaitant changer d’identité.

La volonté et l’engagement politiques étaient déjà là. C’est un simple problème de paramétrage de logiciel informatique qui empêchait les universités de reconnaître le prénom d’usage de leur personnel. Depuis quelques jours, c’est désormais possible à Rennes. Les universités Rennes 1 et Rennes 2 l’ont annoncé ce mardi à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.

Souvent utilisée par les personnes transgenres ou transidentitaires, cette possibilité d’adopter un prénom d’usage était déjà offerte aux étudiants depuis 2017 à Rennes 2 et depuis 2019 à Rennes 1. Leur adresse mail, leur carte d’étudiant et tout le registre administratif des facs prenaient en compte cette nouvelle identité, sans tenir compte de l’état-civil. « Pour le personnel, c’était plus compliqué car on se heurte à un problème de logiciel de ressources humaines », explique Nicoletta Tchou. La vice-présidente de Rennes 1 en charge de l’égalité et de la lutte contre les discriminations espère « encore avancer pour réduire les discriminations » envers les personnes LGBT. Mais son établissement, comme tous les autres, se heurte pour l’heure aux réticences des logiciels du ministère de l’Enseignement supérieur.

Le CROUS s’y est mis aussi

A Rennes, les étudiants et le personnel peuvent également utiliser leur prénom d’usage au sein des services du CROUS. Un maillon essentiel pour toutes les personnes ayant décidé de changer un prénom ou une identité « qui n’était pas la leur », rappelle la vice-présidente. Des discussions ont été entamées avec l’entreprise Keolis qui gère le réseau de transports en commun Star. La possibilité du prénom d’usage pourrait être ouverte aux détenteurs de la carte Korrigo, dont les services sont de plus en plus étendus.

Les établissements rennais souhaitent également faire disparaître les notions de « madame, monsieur » de leurs documents et courriers internes pour les personnes qui en font la demande. En attendant de pouvoir généraliser cette pratique, parfois jugée discriminante.