Rennes : L’ouverture de la ligne B du métro une nouvelle fois retardée

RETARD A L'ALLUMAGE Ce mardi, le constructeur allemand Siemens a annoncé qu’il faisait face à des problèmes techniques sur la ligne B, obligeant à décaler une nouvelle fois son ouverture, dont on ne connaît pas encore la date d'inauguration

Camille Allain
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A Rennes, le chantier de la ligne B du métro s'éternise notamment en raison de problèmes techniques sur les rames de Siemens.
A Rennes, le chantier de la ligne B du métro s'éternise notamment en raison de problèmes techniques sur les rames de Siemens. — C. Allain / 20 Minutes
  • Annoncée « entre fin avril et fin mai », la livraison de la ligne B du métro de Rennes va être encore retardée.
  • Le constructeur allemand Siemens fait face à des difficultés pour finaliser les tests de ses rames.
  • La métropole rennaise avait récemment fait part de ses doutes quant à la capacité de Siemens d’ouvrir la ligne à temps, après déjà deux reports successifs.

A Rennes, la ligne B du métro est en train de détrôner la gare au palmarès des chantiers jamais terminés. Après trois reports successifs où le Covid-19 semblait avoir bon dos, le constructeur Siemens a annoncé ce mardi un nouveau report de l’ouverture de la deuxième ligne. Entamé en 2013, le chantier s’éternise autour de problèmes techniques liés au matériel roulant. Présentées comme « une première mondiale », les rames du « CityVal » causent bien des tracas aux techniciens du constructeur allemand.

Prévue en décembre 2020 puis décalée à juin 2021, la livraison du colossal ouvrage avait été annoncée « entre fin avril et fin mai » par le patron de Siemens Laurent Bouyer. Mais les « doutes » exprimés il y a quinze jours par Nathalie Appéré se sont révélés fondés. Il faudra désormais attendre début juin pour connaître la date de mise en service. « On peut toujours espérer remettre les clés fin juin. Ce retard, on le regrette, on l’assume », indique Laurent Bouyer, président de Siemens Mobility France.

La date de mise en service dépendra du nombre de rames en capacité de fonctionner quand les problèmes techniques seront réglés. Keolis estime qu’il lui faudra une capacité de 15 à 16 rames en simultané si la ligne est ouverte en juillet. Un chiffre qui grimpe à 20 à 21 rames s’il fallait attendre la rentrée de septembre, traditionnel pic de fréquentation annuel. « La date d’ouverture dépend de la capacité de Siemens à nous livrer ces rames », détaille la présidente de la métropole Nathalie Appéré, le visage fermé.

De lourdes pénalités à prévoir pour Siemens

Après avoir reconnu « avoir sous-estimé les délais face à la complexité du système » du CityVal au printemps, le constructeur allemand est désormais mis seul face à ses responsabilités. D’après le président de Siemens, deux problèmes techniques se posent : certains composants des galets de guidage s’usent trop vite. Et le « réveil des rames » censé être automatique quand elles quittent le dépôt n’est pas performant.

Après avoir fait preuve d’une relative patience, la métropole rennaise semble lassée des retards accumulés par ce chantier qui lui aura coûté plus de 1,3 milliard d’euros. Démarré en 2013, le chantier de la ligne B s’est tenu sans encombre jusqu’en 2020 et la pandémie de Covid-19 qui a figé la construction puis perturbé l’approvisionnement. Du fait des retards successifs, Siemens Mobility pourrait payer des pénalités à la Semtcar qui pilote le projet. Impossible d’en connaître le montant tant que la livraison n’est pas actée. « Le contrat prévoit des pénalités qui peuvent se compter en dizaines de millions d’euros. Il sera appliqué », a fait savoir la présidente de la métropole Nathalie Appéré.

La ligne B comportera 15 stations de Saint-Jacques-de-la-Lande à Cesson-Sévigné. Elle devrait transporter 100.000 personnes par jour, auxquelles il faut ajouter les 150.000 voyageurs quotidiens de la ligne A.